Fizi : la situation humanitaire continue de se détériorer en raison des affrontements persistants

Le nombre d’habitants contraints à fuir les affrontements entre les Forces armées congolaises (FARDC), les combattants Wazalendo et les troupes de l’AFC/M23 continue d’augmenter chaque jour dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu). Ce contexte sécuritaire très instable limite à ce jour l’accès aux populations déplacées estimées à 265.000 personnes selon la société civile locale.

La plupart trouvent refuge dans des familles d’accueil ou s’entassent dans des sites informels, « dans des conditions inhumaines », alerte la société civile.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

La fuite se fait parfois au péril de leur vie, en raison de l’insécurité. En témoigne, notamment le prix des transports qui a flambé. Un exemple avec le trajet à moto entre Baraka et Misisi qui est passé de 50 000 à 200 000 francs congolais, soit quatre fois plus, en raison des risques.

Certains n’ont d’autre choix que d’emprunter des voies lacustres extrêmement dangereuses pour tenter de rejoindre le Burundi. Tout cela entrave également les déplacements des humanitaires, déjà peu nombreux dans la région, déplore la société civile.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Des sources administratives signalent l’apparition de plusieurs foyers de choléra, notamment à Sebele et dans la presqu’île d’Ubwari, en face de Baraka. C’est « alarmant, » d’autant « qu’aucune réponse sanitaire » n’a été mise en place à ce stade.

« En l’absence d’eau potable, les populations n’ont accès qu’à l’eau des rivières et du lac, où elles font aussi leurs besoins, » témoigne la même source.

Dans cette zone, les combats se poursuivent sur plusieurs axes, deux semaines après la prise d’Uvira par les rebelles. Des affrontements sont régulièrement signalés sur l’axe Baraka-Makobola et plus au sud, dans les hauts plateaux autour de Rugezi.

L’organisation MSF n’a pas repris ses activités dans la zone, interrompues il y a dix jours en raison des combats. MSF y menait une campagne de lutte contre le paludisme, également très présent dans la région.

L’administrateur du territoire, Samy Kalonji Badibanga a fait une alerte en début de semaine, sur la situation humanitaire qui continue de se détériorer dans cette partie du Sud-Kivu où se sont remplies les FARDC, les Wazalendo après la chute de la ville d’Uvira le 10 décembre dernier.

Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.