La possible fermeture temporaire de TikTok en République démocratique du Congo alimente le débat au sein de l’opinion publique. Cette mesure est envisagée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), qui dénonce la multiplication des insultes, du cyberharcèlement, de la désinformation et d’autres contenus jugés nuisibles sur la plateforme.
Selon le président du CSAC, Christian Bosembe, plus de 2 000 comptes ont déjà été signalés à TikTok. Toutefois, les réponses apportées par la plateforme sont jugées insuffisantes par l’organe de régulation, qui souhaite voir renforcés les mécanismes de contrôle.
De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, se montre réservé face à une éventuelle fermeture générale de l’application. Le porte-parole du gouvernement estime qu’une telle décision pourrait pénaliser de nombreux Congolais qui utilisent TikTok comme outil d’information, de formation, de communication ou de promotion de leurs activités économiques.
Il privilégie plutôt l’application des lois existantes et la poursuite judiciaire des auteurs de contenus répréhensibles. Ce débat intervient alors que la RDC dispose déjà d’un cadre légal en matière de numérique.
La loi n°23/010 du 3 mars 2023 relative au numérique prévoit des sanctions contre plusieurs infractions commises au moyen des technologies de l’information et de la communication, notamment le harcèlement en ligne, la diffusion de fausses informations et d’autres contenus illicites.
À Bukavu, les entrepreneurs s’inquiètent
À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, l’éventualité d’une fermeture de TikTok suscite également des inquiétudes chez certains entrepreneurs qui utilisent la plateforme pour développer leur clientèle.
Vanessa Ndamuso, entrepreneure, considère TikTok comme un outil important pour la promotion commerciale.
« Nous vivons à une époque où de nombreuses personnes tirent profit des réseaux sociaux. La fermeture de TikTok pourrait avoir un impact négatif sur les entrepreneurs qui utilisent cette plateforme pour faire connaître leurs produits et développer leurs activités, » explique-t-elle à Jambo.
Pour elle, la solution ne réside pas nécessairement dans la fermeture de la plateforme, mais plutôt dans un meilleur encadrement de son utilisation. Elle plaide notamment pour le renforcement des mécanismes de contrôle et la sensibilisation des utilisateurs afin de limiter les abus.
Par ailleurs, le procureur général près la Cour de cassation a récemment rappelé que les auteurs de messages injurieux, de menaces ou de fausses informations diffusés sur les réseaux sociaux peuvent faire l’objet de poursuites judiciaires conformément aux lois en vigueur en RDC.
En attendant une décision définitive, aucune fermeture de TikTok n’a officiellement été annoncée. Le CSAC affirme poursuivre les discussions avec les responsables de la plateforme afin de renforcer leur collaboration dans la lutte contre les contenus jugés dangereux.
Entre nécessité de régulation, protection des utilisateurs et préservation des usages économiques du numérique, le débat sur l’avenir de TikTok en RDC reste ouvert.
Merci Byamungu


