Exploitation du gaz méthane du lac Kivu : Le retard inquiétant de la RDC

Le gaz méthane entassé dans le lac Kivu se présente comme une menace en voie d’asphyxier les populations riveraines dans la région. Son exploitation serait une réponse favorable pour la population incapable d’accéder à l’électricité produite par la Société nationale d’électricité (Snel).

Plus d’un habitants s’inquiètent du retard observé dans la mise en oeuvre de ce projet, une année après que les fonds aient été débloqués pour débuter les activités. Aucun signe visible, aucune bouche ne dit mot. La question reste de savoir l’origine du blocage pour débuter les travaux.

Le Projet devant être exécuté en coopération entre la RDCongo et le Rwanda, gestionnaire de ces fonds, des sources sures dénotent que ce dernier fournit depuis le mois de février dernier, de l’électricité à ses habitants grâce à la centrale électrique (Kivu watt) installée sur le lac Kivu. Du côté congolais, la population attend toujours.

« De notre côté, il n’y a  pas un service d’électricité accessible à tous et pourtant, l’exploitation du gaz, comme promis, rendrait facile l’accès au courant électrique à une grande partie de la population du Sud-Kivu et de l’Est de la RDCongo », s’inquiète un habitant de Bukavu.

Les acteurs de la Société civile environnementale déplorent le silence du gouvernement congolais qui, dans ses démarches, avait promis de réaliser le projet et desservir la population en énergie électrique de qualité. Dès lors que les fonds avaient été débloqués, rien n’est fait.

« On ne parvient pas à comprendre le silence des autorités congolaises alors que tout était prêt pour démarrer les travaux. Ce projet serait une réponse au besoin de la population. Nous pourrions avoir du courant électrique stable, le coût réduit de la facture mensuelle qu’émet la SNEL. Beaucoup de jeunes auraient du travail et cela réduirait, tant soit peu, le chômage. Nous n’en comprenons plus rien (…) », a regretté David Cikuru, membre de la commission environnementale, hydrocarbure et mines au sein de la Société civile du Sud-Kivu.

Pour Cikuru, le pays encaisse une perte en vies humaines et dans son économie au profit du pays voisin.

« L’Etat congolais traine les pas  et cela cause une perte au trésor public. C’est aussi une perte dans l’exécution parce que les fonds qui devaient servir aux deux pays seul le Rwanda en bénéficie. Les spécialistes nous disent que ce gaz présente déjà un danger pour la population y compris les gouvernants. La RDC pourrait-elle se ressaisir et exploiter ce gaz comme le pays voisin ? », S’est-il interrogé.

L’ancien ministre provincial des hydrocarbures et mines justifie ce retard par l’instabilité de la région en proie à des guerres des rebellions et décline la responsabilité au seul gouvernement national.

« Nous sommes convaincus que l’électricité joue un rôle important dans le développement d’un pays. Mais, ceux qui font la guerre dans la région ne veulent pas que la RDC s’asseye bien pour des projets de développement comme l’exploitation du gaz dans le lac Kivu. On ne peut pas développer un pays pendant qu’on fait la guerre. Certes, la décision doit venir du pouvoir central et il n’y a que Kinshasa qui sait le jour où ce projet peut commencer (…) », a indiqué Apollinaire Bulindi, ministre provincial honoraire des mines et hydrocarbures du Sud-Kivu.

Selon les études, les spécialistes renseignent que le lac Kivu est l’un des trois lacs au monde contenant une quantité considérable du gaz méthane. Il renfermerait, à lui seul, plus de 60 milliards de mètre cube de concentration pouvant produire le courant électrique pendant plus de 30 ans.

Cette expérience sur le lac Kivu a produit la première centrale électrique au monde qui fonctionne grâce à l’exploitation du gaz méthane.

Jean-Marie Mulume

2 thoughts on “Exploitation du gaz méthane du lac Kivu : Le retard inquiétant de la RDC

  1. Article très interéssant, toutefois ma contribution est que ce n’est las le méthane seul qui se trouve dans les profondeurs du lac Kivu mais aussi et surtout le dioxyde de carbone, et c’est ce dernier qui est dangéreux pour des vies humaines. En effet, le méthane au contact de l’air produit le feu, donc c’est un combustible, mais le dioxyde de carbone est plus lourd que l’air que nous respirons, c’est ce gaz qui, en se propageant asphyxiera les humains. Cordialement!

  2. Quand un intellectuel réfléchit comme suit : condamner kamerhe c’est condamné l’est. Soit il n’a pas bien appris à l’éducation civique ou soit il a été lui même corrompu lors de sa naissance éducative.

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