Plus de trois mois après sa déclaration officielle à la mi-mai, l’épidémie d’Ebola à virus Bundibugyo continue sa progression dans l’Est de la RDC tout en montrant ses premiers signes de ralentissement. D’après le dernier bulletin de l’Institut national de santé publique arrêté au 31 août, le pays a enregistré 6 186 cas confirmés dont 3 007 décès et 1 409 guérisons, soit un taux de létalité de 48,6%.
Il s’agit déjà du bilan le plus lourd jamais enregistré pour une épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. L’épidémie touche désormais six provinces, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé.
Au total, 60 zones de santé sur 151 sont affectées. L’Ituri demeure l’épicentre avec 5 065 cas et 2 305 décès à elle seule, ce qui représente plus de 81% de l’ensemble des cas du pays. Sur les 36 zones de santé que compte la province, 28 ont déjà été touchées et plusieurs structures de prise en charge sont saturées, notamment à Bambu, Nizi et Lolwa.
Au Nord-Kivu, la situation reste préoccupante avec 868 cas et 589 décès, soit une létalité de 67,9%, et un taux d’occupation de 128% dans les centres de traitement.
Pourtant, des signes encourageants sont observés. C’est ce qu’explique le professeur Yap Boum, chef de la division réponse aux urgences à Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine. Depuis deux à trois semaines, on observe un ralentissement et une dizaine de centres de santé n’ont enregistré aucun nouveau cas depuis près de vingt et un jours.
C’est le cas d’Adja, de Kambala, de Logo et de Mahagi en Ituri, de Goma et de Lubero au Nord-Kivu, ou encore de Lubunga dans la Tshopo. Le Sud-Kivu, qui ne compte qu’une seule zone de santé touchée, totalise pour sa part 92 jours sans nouveau cas.
Un autre indicateur est en baisse : le taux de reproduction, c’est-à-dire le nombre de personnes qu’un malade peut contaminer. Alors qu’il était autour de 4 au début de l’épidémie en mai, il est désormais à 0,97 au niveau national et même autour de 0,50 à Mongbwalu, l’épicentre iturien.
Une tendance qui, selon Africa CDC, signifie que l’épidémie va se stabiliser, voire commencer à diminuer. L’agence reste toutefois prudente et estime qu’il est encore trop tôt pour affirmer que le pic est passé, appelant à attendre quelques semaines supplémentaires.
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