La montée en puissance des outils d’intelligence artificielle facilite la création et la diffusion de contenus trompeurs sur les réseaux sociaux. À Bukavu( Sud-Kivu), la plateforme de vérification des faits Chunguza Habari appelle à renforcer l’éducation aux médias, particulièrement auprès des jeunes, pour limiter l’impact de ces fausses informations.
Dans une région confrontée depuis plusieurs années à des tensions sécuritaires, la circulation rapide d’une information non vérifiée peut contribuer à alimenter la peur, les tensions communautaires ou encore les discours de haine.
Cette préoccupation prend une nouvelle dimension avec l’accessibilité croissante des outils d’intelligence artificielle. Des images manipulées, des enregistrements vocaux falsifiés ou encore des contenus fabriqués peuvent désormais être produits et partagés en quelques minutes, parfois sans que les internautes soient en mesure d’en vérifier l’authenticité.
Pour faire face à cette situation, Loni Irenge Joël, membre de Chunguza Habari et du collectif des fact-checkeurs de la RDC, encourage la multiplication des séances de formation destinées aux jeunes à travers la ville de Bukavu.
Ces formations devraient notamment permettre aux participants d’acquérir quelques réflexes essentiels : rechercher l’origine d’une information, confronter une publication à plusieurs sources fiables avant de la partager et apprendre à repérer certains contenus susceptibles d’avoir été générés ou modifiés par l’intelligence artificielle.
Pour Chunguza Habari, l’enjeu dépasse la simple vérification des publications circulant sur internet. Une fausse information diffusée dans un contexte de crise peut avoir des conséquences réelles sur la sécurité et la cohésion sociale.
La plateforme reconnaît par ailleurs le potentiel de l’intelligence artificielle dans plusieurs domaines de la vie, tout en appelant à un usage responsable de ces technologies. Elle plaide enfin pour que l’éducation aux médias et à l’information soit davantage intégrée dans les milieux scolaires et universitaires de la région.
L’objectif est de doter les jeunes d’outils leur permettant de développer leur esprit critique et de contribuer à freiner la propagation de la désinformation et des discours de haine, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans la communauté.
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