Depuis un moment, un phénomène mystérieux fait parler de lui à Bukavu et ses environs. Il s’agit notamment de la disparition présumée des organes génitaux masculins. Une histoire devenant de plus en plus préoccupante, alimentant ainsi la peur et la rumeur.
Alors que certaines personnes affirment croire à ce phénomène, une autre partie importante de la population continue de douter de sa véracité.
Dans les rues de la ville, la panique s’est installée. Plusieurs hommes disent avoir ressenti des changements étranges, alimentant la croyance d’une disparition de leurs organes.
Un jeune homme rencontré lundi 16 mars dans les rues de Bukavu ne confirme pas et ne nie non plus, mais il pense que cette situation témoigne d’une façon méchante à faire peur à la population laissant au passage des troubles psychiques.
« Cette question démoralise des personnes, en général des parents, des enfants et des jeunes, et ça amène la chute mentale. Il y a des personnes qui commencent à marcher avec des épingles, soit disant qu’ils se protègent, même les enfants partent à l’école en état démoralisé… Partout, on a peur, croyant qu’on peut se croiser avec ces mauvaises personnes, » explique-t-il avec réserve.
Un phénomène banal réservé aux âmes faibles
En effet cette pratique mystérieuse est qualifiée d’une rumeur et considérée en même temps comme une dérive publique. Jean Samy Takimbula acteur de la société civile du Sud-Kivu ne croit pas du tout au phénomène. Il estime que scientifiquement il n’est pas prouvé.
« Nous avons suivi ici et là dans la ville de Bukavu différentes informations infondées peut-être, dont on ne sais pas vérifier, parce que scientifiquement c’est ne pas prouvé,» soutient-il.
Selon lui, tirer à quelqu’un ses organes génitaux est un fait infondé et doit être prouvé par les scientifiques et bien même par la tradition. Il souligne que cette pratique est païenne.
« C’est une pratique infondée. Ce compris pour les âmes faibles, les gens qui ne croient pas en Dieu. On peut aller même au niveau coutumier, ce n’est pas pratique,» continue d’argumenter, tout en appelant la population à se sentir à l’aise.
Un phénomène qui s’étend à Mudusa
La pratique est dénoncée également dans le groupement de Mudusa, territoire de Kabare. François Mubalama, président de la société civile locale qualifie ce phénomène à une manipulation.
« Nous sommes préoccupés par la propagation des rumeurs concernant la disparition des organes génitaux dans notre groupement de Mudusa. Nous appelons la population à rester calme et à ne pas céder à la manipulation,» souligne-t-il.
Il fait savoir que ces rumeurs sont sans fondement, ne reposant sur aucune preuve concrète: « Nous avons contacté les médecins et les infirmiers, ils nous ont assuré qu’ils n’ont pas encore identifiés un cas de disparition des organes génitaux,» ajoute François Mubalama.
Une rumeur dangereuse
Dans la ville tout comme partout à ailleurs, les personnes accusées d’avoir volé les sexes sont prises pour cibles dans des cas de justice populaire. Ces accusations provoquent actuellement des tortures publiques, allant jusqu’au lynchage de la personne soupçonnée.
Face à cette propagation de ces rumeurs, Jean Samy Takimbula et François Mubalama tirent la sonnette d’alarme. Ils estiment que sans réaction urgente des autorités, ces accusations risquent d’entraîner de nouvelles violences contre les innocents.
« Nous interpellons la conscience de tout est chacun de nous, de toute la population du Sud-Kivu de rester calme et d’être confiante. En associant aussi les autorités locales compétentes afin d’accompagner la population. Une fois qu’il y a des pratiques de manipulation, des accusations gratuites, il faut que les autorités puissent mettre les mains sur les personnes et vérifier la véracité de l’information,» recommande Jean Samy Takimbula.
Notons que ce phénomène n’est pas nouveau. En République démocratique du Congo et dans plusieurs pays africains, des femmes, des filles et des enfants sont régulièrement victimes d’accusations de sorcellerie, suivies de violences, d’humiliations et parfois de meurtres.
Face à ces pratiques liées aux accusations de sorcellerie et aux attaques rituelles, tout en les condamnant, les Nations-Unies appellent les États à protéger les victimes et à prévenir ces violences.
Juvénal MUTAKATO



Ce phénomène est vraiment d’actualité alors que c’est juste inimaginable. Peut être ajouter que la personne qui est présumé auteur de ces faits pourrai alors être là victime, et la victime être alors l’auteur. En faisant une lecture des règles pénales Congolaises.
Merci de nous avoir lu.