Montée des cas de pendaison à Bukavu : comment fuir les pensées suicidaires ?

La multiplication des cas de suicide dans la ville de Bukavu (Sud-Kivu) continue de susciter une profonde inquiétude au sein des familles, des autorités locales et des acteurs sociaux. Ces drames, plusieurs fois rapportés, traduisent la gravité des traumatismes liés à la situation socio-économique que traversent les ménages, estiment certains observateurs interrogés par notre rédaction ce lundi 16 mars.

En l’espace d’une semaine, deux cas de suicide ont été enregistrés dans la ville de Bukavu. Le cas le plus récent est celui d’une femme âgée d’une trentaine d’années et mère de quatre enfants, retrouvée morte dans la nuit du dimanche à ce lundi 16 au quartier Panzi dans la commune d’Ibanda.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Selon Christophe Itongwa, chef de quartier adjoint de Panzi qui confirme cette information, les circonstances de ce drame ne sont pas connues. Tout en condamnant cet acte, il décourage cette pratique, appelant ses administrés à la résilience.

Même appelle lancé par la société civile communale. Murhula Machumbiko, président de la société civile d’Ibanda rappelle que la vie humaine est sacrée et doit être préservée malgré les multiples difficultés que traverse la population.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

« Nous rappelons à notre population que la vie humaine est sacrée et donc il faut éviter de se donner la mort malgré les multiples difficultés de la vie,» a-t-il rappelé.

Bien qu’à chaque cas, les vraies causes ne sont pas révélées, plusieurs observateurs estiment que cette situation serait liée à divers facteurs, notamment les difficultés économiques persistantes, les traumatismes liés aux conflits armés ainsi que l’insuffisance de structures d’accompagnement psychologique pour les personnes en détresse.

Face à cette réalité alarmante, des appels à une mobilisation collective se multiplient.  Lumière Singay, présidente de l’organisation « Stop au suicide » dans la province du Sud-Kivu invite les autorités, les journalistes, organisations de la société civile et structures sanitaires à renforcer les actions de sensibilisation et à mettre en place des mécanismes d’écoute et de soutien psychosocial.

« À vous les journalistes, vous avez un grand rôle à jouer. Ensemble avec les autorités et autres acteurs, sensibilisons nos populations à se faire régulièrement consulter, » exhorte-t-elle.

Dans certaines situations, disons que la consommation excessive d’alcool ou de drogues, les problèmes de santé mentale, la dépression, l’isolement et le manque de soutien psychologique peuvent aggraver les troubles psychologiques et conduire à des actes désespérés.

Le chômage, la pauvreté et l’incertitude quant à l’avenir peuvent plonger certaines personnes dans un profond découragement.

Lumière Singay appelle au renforcement de l’accompagnement psychologique, à sensibiliser la population sur la santé mentale et à encourager la solidarité communautaire.

Elvine CIZA

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