Un incident sécuritaire s’est produit dans la soirée du 24 février 2026 à la place de l’indépendance, à Bukavu(Sud-Kivu), lors d’une intervention des forces de l’ordre dans un marché pirate. Selon des témoignages recueillis sur place, plusieurs personnes, parmi lesquelles des petits vendeurs et des clients, ont été blessées ou ont perdu leurs biens dans la panique qui s’en est suivie.
D’après les victimes rencontrées, l’opération a été marquée par une course-poursuite et l’usage de fouets pour disperser les vendeurs installés de manière informelle sur la voie publique.
« Je vendais mes babouches lorsqu’un policier est arrivé avec un gros fouet. Il m’a frappée plusieurs fois au dos. J’ai tout perdu : ma marchandise, mon argent, et mon état de santé reste préoccupant, » témoigne, sous anonymat, une vendeuse encore sous le choc.
Une autre commerçante raconte avoir été blessée en tentant de fuir. « J’avais attaché toute ma marchandise à la hanche. Les agents de sécurité sont arrivés en courant derrière nous. En voulant m’échapper, je suis tombée et je me suis blessée. Un véhicule a même failli me percuter, » confie-t-elle.
Les clients présents sur le lieu n’ont pas été épargnés. « Je voulais simplement acheter du sucre. Soudain, j’ai reçu des coups de fouet dans le dos. La foule courait dans tous les sens, je suis tombé et j’ai été piétiné. Depuis, j’ai du mal à me tenir droit, » explique un acheteur rencontré sur place.
Ces témoignages illustrent les conséquences humaines des opérations de dispersion menées dans ces espaces de commerce informel. À Bukavu, les marchés pirates se multiplient dans plusieurs quartiers, portés par la précarité économique et le manque d’espaces formels accessibles aux petits commerçants.
Malgré les tentatives répétées des autorités pour déguerpir les vendeurs installés sur la voie publique, le phénomène persiste. Pour de nombreux commerçants, ces activités représentent un moyen de survie face au chômage et à la faiblesse des revenus.
Franck Muzigirwa, étudiant à l’ETJ


