La journée du mardi 28 juillet a été marquée par une forte perturbation des activités socio-économiques dans la ville de Bukavu et dans ses environs, à la suite d’un appel à une marche pacifique lancé par certains acteurs de la société civile du Sud-Kivu. Cette mobilisation a pris les allures d’une journée ville morte dans plusieurs coins de la ville et ses environs.
À travers cette initiative, les organisateurs entendaient exiger le retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo, s’opposer à tout projet de changement ou de révision de la Constitution et appeler à un dialogue plus inclusif et sincère entre les différentes parties prenantes.
À Bukavu, plusieurs habitants rapportent avoir constaté la fermeture des boutiques, magasins et autres commerces dans plusieurs quartiers. La circulation des transports en commun était également fortement réduite sur plusieurs axes, donnant à la ville l’image d’une journée au ralenti durant l’avant-midi.
La mobilisation a également été observée dans certains territoires de la province. À Miti centre, dans le territoire de Kabare, des habitants affirment avoir constaté un ralentissement des activités, avec plusieurs commerces restés fermés.
Interrogés par Jambo, certains habitants considèrent cette journée comme une réussite. Ils estiment que l’arrêt des activités traduit l’adhésion d’une partie de la population aux préoccupations exprimées par les initiateurs, notamment sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
D’autres habitants, en revanche, se montrent opposés à cet appel. Ils dénoncent une initiative qui, selon eux, a restreint la liberté de circulation et empêché plusieurs citoyens de vaquer normalement à leurs occupations.
Ces derniers contestent également la position des initiateurs contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution. Pour eux, les populations de l’Est de la RDC vivent depuis plusieurs années une situation difficile et des changements institutionnels pourraient contribuer à apporter des solutions.
« Nous souffrons beaucoup dans cette partie du pays. Il faut accepter les changements qui peuvent permettre d’améliorer notre situation, » expliquent certains habitants.
Entre ceux qui voient dans cette mobilisation une expression du mécontentement populaire et ceux qui critiquent ses conséquences sur les activités quotidiennes, cette marche continue de susciter des débats au sein de l’opinion publique au Sud-Kivu.

Les manifestants ont chuté leur marche devant le gouvernorat du Sud-Kivu, où ils ont remis un mémorandum aux autorités de l’AFC/M23. À travers ce document, les organisateurs réitèrent leurs principales revendications, notamment le retour de la paix dans l’Est de la RDC, leur opposition à toute révision ou modification de la Constitution, ainsi que leur appel à un dialogue plus inclusif et sincère pour résoudre la crise sécuritaire et politique que traverse le pays.
La situation est progressivement revenue à la normale dans l’après-midi, sans incident majeur signalé.
Leatitia Matabaro (stagiaire)


