Un atelier d’échange d’expérience et de réflexion entre les organisations partenaires de l’ONG américaine NED, de la ville de Bukavu (Sud-Kivu), axé sur leur travail et les stratégies de plaidoyers, de résilience et action en commun s’est ouvert ce lundi 24 novembre 2025, sous l’initiative de l’Association Karibu Jeunesse nouvelle (KJN Asbl.
Selon la présidente du Conseil d’administration (PCA) de KJN, Jolly Kamuntu, ces assises de trois jours visent la création d’un espace d’échange et de réflexion entre les organisations qui bénéficient l’appui de NED à Bukavu afin de partager les expériences, les bonnes pratiques et les défis rencontrés dans la mise en œuvre des différents projets financés par NED.
« L’atelier vise à échanger les expériences entre nous, après plusieurs années de partenariat avec la fondation américaine pour la démocratie. Nous avons pensé que, on a fait du travail sur le terrain et qu’il était important que nous nous connaissions davantage, que nous essayons de nous auto-évaluer par rapport à tout ce que nous avons vaincu avec NED. Cette auto-évaluation nous permet d’acquérir des expériences, nous permet de connaître ce que les autres font sur le terrain, nous permet de savoir quels sont les défis auxquels nous nous butons à longueur des journées, comment nous essayons de les résoudre et que nous puissions réfléchir sur l’après NED, qu’est-ce nous devenons après le partenaire NED, comment nous pouvons capitaliser et pérenniser les acquis que nous avons obtenus grâce à ce partenariat entre nous et NED, » a expliqué Jolly Kamuntu, PCA de KJN Asbl.
Moment de partage d’expériences
Quatre organisations bénéficient un appui de la fondation américaine pour la démocratie (NED) a Bukavu, dont Initiative congolaise pour la justice (ICJP), Journalistes pour la promotion de la démocratie et des droits humains (JPDDH), (CEDECO) et Karibu Jeunesse nouvelle (KJN). Pour cette première journée, les trois premières organisations ont à tour de rôle parlé des succès, des défis et des perspectives d’avenir pendant la présentation.

À titre d’exemple, la chargée des programmes au sein de JPDDH, Gabriella Bashengezi est revenue sur les réalisations de son organisation grâce à l’appui de NED depuis le partenariat, notamment en matière de droits humains et de liberté de la presse à l’Est de la République démocratique du Congo.
« Professionnalisation des journalistes, grâce aux programmes de formation mis en œuvre depuis 2019, ayant permis la formation de plus de 200 journalistes et étudiants, la création des structures permanentes de formation (École technique de journalisme), le dialogue démocratique et participation citoyenne, et développement et influence des médias indépendants,» a-t-elle fait savoir.
A ceci s’ajoutent les sensibilisations faites à travers la radio école Jambo et le journal en ligne jambordc.info sur différentes thématiques, entre autres : la lutte contre la désinformation et le discours de haine.
« Grâce au financement de NED, JPDDH à travers la radio Jambo qui est aussi son organe, nous avons produit des spots, scénarios et recueils dans le cadre de sensibiliser la communauté sur le danger de la désinformation et d’un discours de haine dans un contexte de conflit armé comme c’est le cas aujourd’hui au Sud-Kivu. Nous avons également produit des messages décourageant la justice populaire qui prenait de l’ampleur depuis l’escalade de la violence armée actuelle à Bukavu. Et nous estimons que grâce à ces productions, il y a eu une diminution des cas,» a également souligné Juvénal MUTAKATO, rédacteur en chef du groupe de presse Jambo et membre de JPDDH.
Cependant, malgré ces efforts, cette organisation rencontre plusieurs défis : « la faiblesse des moyens financiers, le contexte sécuritaire instable dans les provinces des Kivu, une mise en place d’un cadre de réflexion».
Disons qu’après le tour de KJN, organisatrice de cet atelier à se présenter, la deuxième journée sera marquée par deux carrefours dans lesquels il sera question de réfléchir sur comment maintenir la résilience.
L’activité organisée par Karibu Jeunesse nouvelle s’inscrit dans le cadre de son projet : « Voix profonde des jeunes du Sud-Kivu : Programme d’information, sensibilisation et de communication interactive pour promouvoir du débat citoyen sur la non-violence, le discours de haine et la bonne gouvernance ».
Gabriel ACIRUSHOKOLIRE


