Balkanisation de la RDC, parlons-en (Analyse)

Depuis plusieurs années les évêques alertent sur les intentions de balkanisation de la RDC. En avril dernier, c’est l’évêque de Bunia qui a confirmé que la carte du Congo divisé existe déjà et qu’elle lui avait même été présenté en Allemagne où il était en visite.

En janvier, l’opposant Fayulu a confirmé de sa part que le plan de balkanisation de la RDC est déjà réalisé à 70% et qu’il était imminent. Le mot “balkanisation” est même apparu à plusieurs reprises dans les rapports des nations unies et des ONG internationales.

Comme d’habitude, on a minimisé, on minimise tout.

Le tribalisme et le régionalisme prennent de l’ampleur comme jamais au paravent. Des mouvements sécessionnistes naissent ou s’amplifient presque partout.
Un “drapeau” indépendantiste est même hissé dans l’une des villes les plus “unitaristes” du pays, Bukavu. Tout ça pour préparer les esprits.

Le débat est maintenant public en interne, la population est divisée. Aux Kivu, à l’Est, les partisans de la théorie se comptent de plus en plus nombreux. Parler de la division du pays n’est plus un tabou.

A l’international, ceux qui soutiennent cette thèse ne se cachent pourtant pas. Peter Pham, ancien envoyé spécial des États Unis dans les grands lacs, l’a dit clairement depuis quelques années: “Il faut diviser le Congo”.

Et nous, on ne comprend toujours pas que le danger est là. On se contente de dire “le Congo est un et indivisible”.

On ne se rend même pas compte que les partisans de cette théorie profitent des faiblesses de l’existence même de l’Etat. Partant des revendications sécuritaires, sociales, des frustrations savamment orchestré et où certains congolais de l’ouest, du centre et surtout de la diaspora ont été utilisés, à leur insu, en développant un discours d’exclusion et de haine envers leurs compatriotes de l’Est, les traitant publiquement d’étrangers (rwandais et burundais surtout). L’impuissance avérée de l’Etat à rétablir la paix et la sécurité à l’est,…

On ne réalise pas aussi que les inégalités sociales, le manque des moyens au niveau des provinces, pourtant produits mais non rétrocédés, contribue à cela.

En réalité, on veut fuir le débat, cherchant des raccourcis. “Arrêtez de faire l’apologie des sécessionnistes“, “on va tous les arrêter”, répète-t-on simplement.

J’ai l’impression qu’on a perdu de mémoire au point d’oublier que le plan est là depuis des années. Et que la déception dans la gouvernance sur tous les points affichée dans communauté, au 60e anniversaire de l’indépendance, a soulevé nombreuses questions dans plusieurs provinces. “Qu’est ce que nous profitons de Kinshasa, de l’unité du pays?”, voilà la question qui revient.

Mais on est orgueilleux, on ne pense même pas à ouvrir la réflexion pour adapter la forme de l’Etat aux besoins du peuple, ou trouver des mesures pour répondre réellement aux aspirations nationales surtout en répondant à ses besoins primaires.

Comme tout congolais qui se respecte, on a ce don dans notre sang, on garde notre dose de fierté même devant les évidences. “Nous sommes un pays grand et fort, on ne peut pas nous diviser”. Exactement la même fierté qu’on avait en 1996 face au petit Rwanda avant qu’il ne nous fasse comprendre que notre Léopard, Mobutu, ne l’était plus qu’en carton.

Comme d’habitude on est là, on minimise. On cherche ceux qui ont placé les “drapelets” à Bukavu pour les arrêter. Pendant que tous les signaux sont au rouge, on regarde ailleurs.

On oublie, ou on fait semblant d’oublier que le plan de la balkanisation de la RDC ne vient même pas des états africains, même pas du Rwanda ou des congolais eux mêmes.

Il est clair que le Congo a été créé sans l’aval des congolais, mais ne peut être divisé qu’avec la bénédiction du peuple qui y vit. Un peuple divisé et désespéré, comme on l’est maintenant, voilà la proie facile pour atteindre ce dessein.

La seule chose qui peut l’arrêter, c’est que les gouvernants permettent de nouveau au peuple de trouver le rêve et l’envie commun d’un avenir ensemble. Comme l’a suscité Laurent Désiré Kabila en 1997, aider le peuple à voir les signes d’espoir. Croire en son avenir. Parce que, en réalité là, à part le “sort” de vivre ensemble, nombreux on perdu l’espoir.

L’avenir du Congo est entre nos mains. Il faut sauver le Congo.

Prince Murhula

1 thought on “Balkanisation de la RDC, parlons-en (Analyse)

  1. Voilà une bonne analyse qui valle la peine d’être faite. Mon avis les dirigeants devraient mettre carte sur table car à l’allure où vont les choses la division est quasi évidente

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