À Bagira, dans le quartier Lumumba à Bukavu (Sud-Kivu), un homme a perdu la vie à la suite d’un acte de justice populaire, soulevant à nouveau l’alarme sur les violences extrajudiciaires et les atteintes aux droits humains en République démocratique du Congo.
Selon les informations recueillies sur place, la victime aurait été accusée de faits encore non établis par une autorité judiciaire. Sans enquête préalable ni décision d’un tribunal compétent, elle a été violemment prise à partie par une foule avant de succomber aux coups reçus. Ce drame illustre les dangers de la justice populaire, pratique pourtant strictement interdite par la législation congolaise.
En RDC, la Constitution garantit à chaque individu le droit à la vie, à la présomption d’innocence et à un procès équitable devant une juridiction légalement établie. En se substituant aux institutions judiciaires, les auteurs de tels actes violent ces principes fondamentaux et affaiblissent l’État de droit.
Le Code pénal congolais sanctionne sévèrement toute atteinte à la vie et à l’intégrité physique. Les violences collectives ayant entraîné la mort d’un individu peuvent être qualifiées d’homicide volontaire ou de coups et blessures volontaires ayant causé la mort, des infractions passibles de lourdes peines de servitude pénale. L’absence d’un article spécifique intitulé « justice populaire » n’enlève rien au caractère criminel de ces actes.
Par ailleurs, la loi n°23/027 du 15 juin 2023 relative à la protection et à la promotion des droits humains renforce l’obligation de l’État de sanctionner toute violation des droits fondamentaux. Elle rappelle que nul ne peut porter atteinte à un droit humain reconnu par la loi sans en répondre devant la justice.
Ces pratiques violent également les engagements internationaux de la RDC, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui interdisent les exécutions sommaires et imposent le respect des garanties judiciaires.
Ce drame met en lumière les conséquences tragiques de la justice populaire : exécutions extrajudiciaires, risque de sanctionner des innocents, banalisation de la violence et perte de confiance dans les institutions. Les organisations de défense des droits humains appellent à des enquêtes indépendantes, à l’arrestation des auteurs et à des actions de sensibilisation communautaire afin de prévenir la répétition de tels actes.
La mort de cet homme rappelle une vérité essentielle : seule la justice légalement établie a le pouvoir de juger et de sanctionner. Toute autre forme de « justice » constitue une grave violation des droits humains et un acte criminel en RDC.
Norbert Kikuni, étudiant à l’ETJ


