À Idjwi (Sud-Kivu), le Conseil territorial de la Jeunesse (CTJ) alerte sur la dégradation de la situation sécuritaire depuis le début de l’année 2026. Selon un document parvenu à notre rédaction ce jeudi 26 février, plusieurs cas de meurtre par assassinat et autres traitements inhumains ont été recensés depuis le mois de janvier.
Selon le document, la situation est extrêmement grave. Certains corps sans vie sont retrouvés dans les coins des villages et d’autres jetés dans le lac Kivu avec des traces de violences, de traitements inhumains, soit des cordes attachées au cou et les victimes suspendues sur les arbres.
Olembe Muliri Freddy président de structure des jeunes d’idjwi indique que la gravité de la situation sécuritaire sur place est d’autant plus préoccupante qu’elle s’installe dans un contexte régional déjà marqué par les conséquences humanitaires, économiques et sociales liées à la guerre qui se vit à l’Est de la Republique démocratique du Congo.
Le Conseil territorial de la Jeunesse d’Idwji estime que la répétition et la gravité de ces actes traduisent une détérioration du climat sécuritaire dans cette région et constituent une violation grave des droits fondamentaux consacrés par la Constitution de la RDC.
Il précise qu’entre samedi 21 et mardi 24 février 2026, trois personnes ont perdu la vie dans le groupement Mugote en chefferie Ntambuka. Il s’agit notamment d’une fille, élève de l’Institut Makimbiliyo, assassinée par des bandits non-encore identifiés le 21 février dans le village Mugote. Son corps a été pendu sur un arbre à quelques kilomètres de son domicile, selon le document.
Le 23 février, deux hommes suspectés d’appartenir au groupe de meurtrier de la fille, ont été attaqués violemment par une population en colère. Un a été sauvé de justesse par les forces de l’ordre, qui l’ont acheminé au cachot de Mugote, tandis que l’autre a été fortement tabassé jusqu’à perdre sa vie dans le village de Bukere.
Un jour après, soit le mardi, une autre population dans le village Nyereji dans le même groupement, a lynché un homme qualifié de voleur de grand chemin. Les images de Bukere, partagées sont d’une extrême sensibilité et mettent en péril l’avenir de toute une génération.
Le Conseil territorial de la Jeunesse d’Idwji condamne avec la plus grande fermeté ces actes criminels et barbares dans leur entité .
« Nous dénonçons sans équivoque l’attaque de domiciles, les assassinats ciblés, les tortures, les vols à main armée et les cas des justices populaires qui troublent nos villages et mettent en péril la vie de nos citoyens,» confie son président.
Il appelle à l’implication des autorités locales, notamment l’administrateur du territoire et les chefs des chefferies afin que des mesures urgentes et visibles soient prises, entre autres, l’ouverture d’enquêtes sérieuses et transparentes, le renforcement des dispositions sécuritaires dans les zones concernées ainsi qu’une coordination accrue entre les services pour identifier et sanctionner les auteurs de ces actes.
Aux leaders communautaires, religieux, partenaires techniques et humanitaires ainsi qu’organisations de la société civile, le CTJ appelle à un renforcement des initiatives de cohésion sociale et de consolidation du mieux vivre-ensemble.
Christine Mwinja


