Quelques jours après les incendies qui ont ravagé plusieurs habitations dans le quartier Nyalukemba, dans la commune d’Ibanda à Bukavu (Sud-Kivu), les familles touchées disent faire face à de nombreuses difficultés. Eau potable, nourriture, vêtements, fournitures scolaires et abris figurent parmi leurs principaux besoins. Sur l’avenue Albert Kayabu, où un incendie s’est déclaré lundi 21 septembre, plusieurs familles tentent encore de faire face aux conséquences du sinistre.
Des maisons et plusieurs biens ont été réduits en cendres, laissant des habitants sans moyens pour reprendre une vie normale.
Rencontrés ce vendredi 25 septembre par une équipe de reportage de Jambo, certains sinistrés affirment être toujours sous le choc. Ils expliquent avoir quitté leurs maisons dans la précipitation, sans pouvoir récupérer leurs biens.
Freddy Murhula, père de six enfants et habitant de l’avenue Albert Kayabu, raconte avoir tout perdu dans l’incendie.
« Nous sommes encore traumatisés. Sortir de la maison avec un seul pantalon et une seule chemise, puis rentrer à la maison et regarder tout ce que vous avez investi tomber par terre à cause des flammes… Les enfants sont encore traumatisés. Pour le moment, je suis encore inconsolable, » témoigne-t-il.
Pour plusieurs familles, les difficultés ne se limitent pas aux pertes matérielles. Les parents disent également avoir du mal à assurer les besoins élémentaires de leurs enfants, notamment l’alimentation et la scolarité.
Une mère de famille, actuellement hébergée par des proches, explique ne pas disposer de vêtements ni d’un logement pour accueillir ses enfants.
« Personne ne nous a encore donné des habits ou de la nourriture. Jusqu’à présent, je n’ai pas où me reposer avec les enfants. La situation est trop critique, » témoigne-t-elle.
De l’eau et des matériaux pour reconstruire
Parmi les besoins prioritaires évoqués par les sinistrés figure l’accès à l’eau potable. Ils sollicitent notamment l’intervention de la REGIDESO afin de disposer d’eau dans les endroits où ils sont hébergés ou regroupés. Les familles demandent également des matériaux de première nécessité pour reconstruire, notamment des bâches et des tôles.
Certains sinistrés affirment par ailleurs que les autorités leur ont demandé de ne pas entreprendre immédiatement des travaux de reconstruction sur leurs parcelles, en attendant de nouvelles orientations.
Cette situation prolonge la précarité de plusieurs familles qui, quelques jours après l’incendie, ne disposent toujours pas d’un cadre stable pour se reloger.
Une série d’incendies à Bukavu
L’incendie de l’avenue Albert Kayabu intervient dans un contexte marqué par une succession de sinistres à Bukavu ces dernières semaines.
Dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 septembre, un autre incendie avait ravagé plus d’une centaine de maisons sur l’avenue Irambo 2, toujours dans le quartier Nyalukemba. Des pertes en vies humaines avaient également été rapportées sur place. Le chef de l’avenue avait notamment fait état de quatre morts, dans l’attente d’un bilan définitif.
Ces incendies successifs ont relancé les préoccupations autour de la prévention des risques d’incendie dans la ville.
Dans ce contexte, le gouverneur du Sud-Kivu sous l’AFC/M23 a rendu obligatoire l’installation d’extincteurs dans les bâtiments et les véhicules circulant sur l’ensemble du territoire provincial.
La mesure est contenue dans un arrêté provincial signé le 17 septembre 2026 portant obligation d’équipement en extincteurs d’incendie et prévention des risques d’incendie. Selon ce texte, chaque maison d’habitation, bureau, bâtiment administratif, boutique, magasin, galerie commerciale ainsi que tout véhicule automobile doit être équipé d’au moins un extincteur certifié et en bon état de fonctionnement.
Injili Balike et Yvette Ishara ( stagiaires, étudiants à l’ETJ)


