Deux positions attribuées aux combattants Wazalendo ont été démantelées et plusieurs barrières illégales supprimées lundi 31 août 2026 sur la Route nationale numéro 5 (RN5) à Mikamba, dans le groupement de Runingu, territoire d’Uvira (Sud-Kivu). L’intervention a été menée par les autorités militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) lors du passage d’un général sur l’axe Uvira-Luberizi.
Selon des sources concordantes jointes sur place, plusieurs barrières avaient été constatées le long du tronçon Kiliba – Mikamba – Runingu – Kasambura – Biriba – Kabunambo. À la suite de cette opération de contrôle, elles ont été supprimées et deux positions occupées par des éléments Wazalendo démantelées.
Cette intervention intervient alors que les tracasseries sur cet axe font l’objet de plusieurs alertes ces dernières semaines.
Dans un communiqué publié quelques jours avant l’opération, la plateforme citoyenne «Jeunes Nous Pouvons» dénonçait les difficultés rencontrées par les usagers de la RN5 entre Uvira et Bukavu. Selon cette plateforme, des éléments identifiés comme Wazalendo exigeaient des paiements allant jusqu’à 5 000 francs congolais par passager.
Elle faisait également état de tracasseries attribuées à certains éléments des FARDC, avec un pic d’exactions signalé à Luvungi. Jeunes Nous Pouvons rapportait aussi le témoignage d’un passager affirmant avoir été dépouillé de plus de 100 000 francs congolais entre Uvira et Katogota.
Face à cette situation, la plateforme avait demandé aux autorités de renforcer le suivi et la discipline des éléments armés afin de garantir la protection des personnes et de leurs biens. Elle appelait particulièrement les FARDC et les groupes d’autodéfense Wazalendo à cesser les tracasseries envers les passants, estimant que ces pratiques risquent d’affaiblir la confiance entre les forces loyalistes et la population.
Quelques jours après cette alerte, la suppression des barrières à Mikamba constitue ainsi une mesure allant dans le sens des préoccupations exprimées par les usagers et les organisations citoyennes.
Dans ses recommandations, la plateforme demande au gouvernement congolais de doter régulièrement et de manière suffisante et transparente les militaires engagés au front en vivres et non-vivres. Elle recommande également la mise en place d’un mécanisme strict de suivi et de discipline sur le terrain, afin de s’assurer que les éléments armés respectent leur mission de protection des biens et des personnes.
Aux FARDC et aux groupes d’autodéfense Wazalendo, « Jeunes Nous Pouvons» demande de cesser immédiatement toute forme de tracasserie envers les passagers, estimant que la population, déjà affectée par les conséquences de la guerre, ne devrait pas subir davantage de pressions. L’organisation insiste aussi sur l’importance de préserver la confiance entre les forces loyalistes et les populations civiles, car tracasser et éloigner les citoyens risque de fragiliser la collaboration nécessaire à la sécurisation de la région.
Elle annonce enfin qu’elle continuera à suivre la situation sur l’axe Uvira-Bukavu et qu’elle entend alerter davantage si les droits fondamentaux des usagers de cette route ne sont pas rapidement restaurés.
Sur le terrain, les habitants souhaitent toutefois que les contrôles sécuritaires soient maintenus sur la RN5, notamment dans la zone de Luvungi, mais qu’ils soient effectués dans le respect des civils et sans donner lieu à de nouvelles tracasseries.
Juvénal MUTAKATO


