Des femmes engagées dans la défense des droits humains appellent au renforcement des mécanismes de protection afin de prévenir la traite des êtres humains au Sud-Kivu. Elles estiment que la protection des droits humains constitue l’un des principaux leviers pour lutter contre ce phénomène, en protégeant les personnes les plus vulnérables et en garantissant une prise en charge respectueuse des droits des victimes.
Parmi ces défenseures figure Solange Lwashiga, qui s’est exprimée au cours d’une interview accordée à notre rédaction vendredi 31 juillet dans le cadre d’une activité consacrée à la lutte contre la traite des êtres humains.
Selon elle, les personnes en situation de vulnérabilité sont les plus exposées à ce fléau. Elle cite notamment les femmes et les enfants vivant dans les camps de personnes déplacées, dont les conditions de vie précaires les rendent plus vulnérables aux réseaux de traite.
Pour Solange Lwashiga, une approche fondée sur les droits humains permet de s’attaquer aux causes profondes de la traite. Elle souligne que les victimes doivent être considérées comme des titulaires de droits et non comme des délinquants. « Tomber dans les pièges des trafiquants ne doit pas conduire à stigmatiser les victimes, car elles ne sont pas responsables de ce qu’elles ont subi, » a-t-elle expliqué.
Elle regrette également que la traite des êtres humains soit encore largement négligée au Sud-Kivu, alors que le phénomène prend de l’ampleur. Elle plaide pour un renforcement de la surveillance aux frontières afin de limiter les mouvements des réseaux criminels qui recourent à de fausses identités et contournent les règles en vigueur.
« Les victimes doivent bénéficier d’une assistance psychologique, juridique et médicale, tout en étant protégées contre toute forme de représailles. Il est important de garantir leur protection, » a-t-elle déclaré.
La défenseure des droits humains insiste également sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des communautés. Selon elle, l’éducation aux droits humains permet aux citoyens de mieux reconnaître les risques liés à la traite et de participer activement aux actions de prévention.
Au niveau des ménages, elle encourage les parents à apprendre aux enfants à accepter leur condition de vie, estimant que la recherche du luxe à tout prix peut exposer certains jeunes aux fausses promesses des trafiquants.
Enfin, elle appelle à promouvoir une approche fondée sur les droits humains afin de renforcer la protection des personnes et de prévenir toutes les formes d’exploitation.
Leatitia Matabaro (stagiaire)


