La société civile, bureau de coordination territoriale d’Idjwi (Sud-Kivu), lance un cri d’alarme face à la montée de l’insécurité qui secoue les deux chefferies, dont Ntambuka et Rubenga. Dans une dénonciation faite ce vendredi 22 mai à Bukavu, la présidente de la société civile d’Idjwi, Koko Bahagaze Dorcel, a indiqué que cette situation est décrite par un phénomène des corps sans vie, des cas de justice populaire ainsi qu’une pratique d’arnaque.
À l’en croire, l’île d’Idjwi jadis réputée comme une contrée de paix, de cohésion sociale et touristique est en train de perdre cette valeur. Un phénomène des corps sans vie, avec des signes souvent d’étranglement, des blessures, y est installé.
A titre illustratif, Koko Bahagaze Dorcel affirme que dix cas ont été enregistrés depuis 2025 sur l’ensemble du territoire, avec notamment 10 cas dans la chefferie Ntambuka et 2 dans la chefferie Rubenga.
Elle renseigne que certains présumés arrêtés, sont souvent conduits vers les instances judiciaires, mais relâchés plus tard par manque des preuves. Ce relâchement rapide « aggrave malheureusement des conflits entre donnonciateurs et ces présumés », entraînant par la suite les cas de justice populaire.
La société civile explique que par « soupçons et rumeurs », de personnes décident de mettre fin à la vie des autres, accusés soit de meurtre, de solcerlerie et d’empoisonnement.
Dix cas de justice populaire ont été rapportés dans la chefferie Ntambuka et 5 autres dans la chefferie voisine de Rubenga.
Tout en condamnant ces actes qui constituent une violation des droits humains, Koko Bahagaze Dorcel rappelle qu’il existe un « arrêté provincial, des lois nationales et internationales » qui répriment la justice populaire.
Au-delà de cette situation, un phénomène d’arnaque s’est également installé sur l’île. Une pratique qui serait organisée et soutenue par un réseau de faux citoyens qui endeuillent la communauté. À ceci s’ajoutent des croyances mystiques incluant les « accusations de solcerlerie et de soupçons d’empoisonnement, avec comme conséquence, la dégradation du tissu social ».
Face à cette situation, la société civile territoriale d’Idjwi interpelle la population : « considérant que toute personne bénéficie du principe de présomption d’innocence, reconnaissant que la vie humaine est sacrée, aucune personne n’est autorisée d’ôter la vie à l’autre, au risque de sanctions prévues par les différentes normes sociales ».
Elle recommande par ailleurs de « dénoncer tout cas suspect, toute preuve pouvant aider à établir la responsabilité du bourreau ainsi permettre aux autorités judiciaires de prononcer et exécuter le jugement sur eux ».
La société civile recommande également aux enseignants et confessions religieuses « d’inclure » tout en « insistant » dans les prédications de moments pour « condamner les justices populaires, enseigner le vivre-ensemble et la cohésion sociale».
Aux autorités compétentes de « lutter contre l’impunité ». La présidente de la société civile territoriale d’Idjwi appelle les partenaires techniques et financiers à appuyer les campagnes de sensibilisation sur la cohésion sociale, les droits et devoirs citoyens afin de lutter contre l’insécurité.
Juvénal MUTAKATO


