Le Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévôt, a été reçu ce mercredi 20 Août à la Cité de l’Union Africaine par le président Félix Tshisekedi. Pendant près de deux heures, les deux personnalités ont échangé sur la situation sécuritaire et humanitaire à l’Est de la République démocratique du Congo.
À l’issue de l’entretien, le chef de la diplomatie belge a lancé un message ferme : la Belgique, et au-delà l’Union Européenne, ne veulent pas détourner le regard face au drame que vivent les populations congolaises.
« La Belgique reste extrêmement préoccupée par les atrocités qui se déroulent dans l’Est du Congo, » a-t-il déclaré,
rappelant que son pays entend « remettre ce conflit au cœur de l’agenda européen ».
Si Bruxelles salue les efforts menés dans le cadre des initiatives diplomatiques de Washington et Doha, Maxime Prévôt n’a pas caché son inquiétude.
Selon lui, « le mois qui s’est écoulé depuis la signature de la déclaration de principes est probablement l’un des plus meurtriers ». Il a dénoncé les violences persistantes, les viols massifs, les massacres à répétition et l’aggravation de la crise humanitaire.
Le ministre belge a pointé du doigt l’occupation de certaines zones par le M23, qui y installe ses propres structures administratives et judiciaires.
« Ils se comportent comme si le territoire était devenu leur État. Ce n’est pas acceptable, » a-t-il martelé.
Face à la gravité de la situation, Maxime Prévôt a insisté sur la nécessité de maintenir une forte mobilisation internationale.
« La Belgique a toujours été une grande défenderesse du droit international, en particulier de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États. Ce principe n’est pas respecté dans l’Est de la RDC, » a-t-il souligné.
Mais au-delà des pressions extérieures, il a également appelé à une dynamique interne : « Il est essentiel que des signaux forts soient envoyés depuis l’intérieur du pays, pour montrer la volonté d’avancer vers une paix durable,».
Maxime a affirmé vouloir porter à nouveau la question congolaise devant les Conseils européens des Affaires étrangères, afin que la crise ne soit pas « reléguée au silence » sous prétexte que les initiatives actuelles sont pilotées par les États-Unis et le Qatar.
Pour lui, l’Europe a un rôle à jouer aux côtés de la RDC et du Rwanda, pour obtenir « une paix rapide et durable » dans une région qui vit au rythme des déplacements massifs de populations et d’une urgence humanitaire permanente.
Une visite tournée vers l’Afrique centrale et orientale
Il s’agit de la deuxième visite du ministre belge en RDC en quatre mois, signe de l’importance accordée par Bruxelles à la crise congolaise. Après Brazzaville, Kinshasa et Lubumbashi, Maxime Prévôt poursuivra sa tournée au Kenya, où il abordera notamment la situation humanitaire en Éthiopie.
La délégation du ministre était composée de l’ambassadrice de la Belgique en RDC, de l’envoyé spécial belge pour les Grands Lacs, et de son conseiller Afrique.
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