Au moins quatre morts et plus de quinze blessés, bilan provisoire d’une nouvelle altercation armée survenue dans la ville d’Uvira (Sud-Kivu), la soirée de ce dimanche 23 novembre entre des éléments Wazalendo et des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) selon des sources hospitalières et militaires de la place.
Le docteur Mashupe Salomon, cité par [Joséphine Mungubi], journaliste de la place, confirme que parmi les blessés figure un enfant. Des sources locales signalent par ailleurs que d’autres personnes atteintes par des balles perdues auraient été transférées vers des structures sanitaires voisines pour une prise en charge urgente.
Des sources militaires indiquent cependant, qu’il y a eu quatre décès, parmi lesquels un élément des FARDC et deux combattants Wazalendo ainsi qu’un civil.
« Le bilan provisoire donné par le porte-parole du secteur opérationnel Sukola 2 sud Sud-Kivu fait état de 4 personnes mortes dont un militaire et deux Wazalendo mais aussi un motard,» affirme notre source.
Origine de l’incident
Les témoignages recueillis sur place et le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), renseignent que les éléments Wazalendo auraient tenté de semer le désordre afin de récupérer eux aussi une partie de l’assistance humanitaire, distribuée par le Programme alimentaire mondial (PAM), aux populations vulnérables à la Cathédrale Saint-Paul, dans le quartier Songo.
Les FARDC seraient alors intervenues pour tenter de calmer la situation, ce qui aurait déclenché l’escalade. Ces informations restent toutefois non confirmées par le PAM, impliqué dans les opérations d’assistance.
Perturbation des journées diocésaines de jeunes
Célébrées à la Cathédrale Saint Paul d’Uvira à l’occasion de la fête de la sainte Cécile, les journées diocésaines ont été perturbées par cet incident.
Selon nos sources, après la messe, pendant le concert qui se tenait, des crépitements de balles ont tout gâché.
« Un groupe des Wazalendo tentait de se servir par force des vivres que le Programme alimentaire mondial était entrain de distribuer aux déplacés. Les militaires FARDC ont tenté sans succès de dissuader ces Wazalendo mais cela s’est soldé sur des échanges de tirs,» confie une source proche de la coordination diocésaine des jeunes.
Accrochages persistants
Ce drame intervient après celui de Sange et Luvungi dans la plaine de la Ruzizi ce samedi 22 novembre. Dans la cité de Sange, des affrontements ont éclaté entre les éléments des groupes Wazalendo affiliés au général auto-proclamé Kamama et ceux du camp Ngoma Nzito, provoquant la mort de deux combattants et semant la panique parmi les habitants.
À Luvungi, une personne a été tuée et cinq blessées après une fusillade attribuée à un élément du groupe Wazalendo basé dans la zone, à la paroisse Sainte Famille, alors que des chantres étaient en prière.
Condamnation des faits
Dans une déclaration faite, la coordination provinciale de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), sud Sud-Kivu a exprimé sa « profonde indignation » face à ces incidents, dénonçant une situation sécuritaire qui s’effrite au détriment des civils.
Mashimango Mafikiri Martin, coordonnateur provincial de la NSCC demande des mesures urgentes et fermes de la part des autorités, la protection effective des populations et l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour déterminer l’origine de ces affrontements et prévenir de nouveaux épisodes.
Les organisations locales de la société civile exhortent avec insistance, les autorités administratives, policières et militaires à assumer leur responsabilité légale et morale de garantir la sécurité de tous.
En entendant des enquêtes réclamées par plusieurs structures citoyennes, les populations de Luvungi, Sange, de la ville d’Uvira et du territoire d’Uvira en général continuent de vivre dans la peur. Les acteurs communautaires appellent à une réponse rapide, cohérente et durable afin d’éviter d’autres drames dans cette région régulièrement secouée par le conflit en cours à l’Est de la RDC.
Juvénal MUTAKATO


