Uvira : le nombre de malades du choléra baisse de 90% à Sange grâce aux interventions urgentes de MSF

L’organisation Médecins sans frontières (MSF) annonce dans un communiqué rendu public ce mardi 17 février, la baisse de 90% le nombre de malades du choléra à Sange, dans le territoire d’Uvira (Sud-Kivu). C’est après huit semaines d’intervention d’urgence affirme le document consulté par notre rédaction.

MSF note que cette épidémie la plus sévère dans la zone depuis 5 ans, est due au dysfonctionnement des points de captage d’eau lié « aux problèmes d’accès, et à un système de santé fragile » dans la zone. L’épidémie est aussi accentuée par les « mouvements massifs de populations qui fuient les affrontements entre l’armée congolaise alliée aux Wazalendo et l’AFC/M23 ».

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Dans le communiqué, l’organisation rapporte avoir enregistré plus de 800 personnes contaminées par le choléra et prises en charge à Sange.

Difficultés d’accès aux points de captage de l’eau potable 

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Selon MSF, depuis plusieurs mois, l’eau potable du robinet ne coule plus dans les foyers. En cause, les deux principaux points de captage d’eau qui ne fonctionnent plus correctement et sont devenus inaccessibles.

« En raison de la présence de groupes armés, il était impossible pour la population d’accéder à ces points de captage d’eau dont le système de filtrage est obstrué par le sable et la terre. Les habitants étaient donc privés d’eau potable,» explique Mamadu Dialo, responsable médical MSF de l’équipe d’urgence.

La plupart des habitants n’ont donc eu d’autre choix que de boire l’eau impropre de la rivière ou l’eau du canal d’irrigation, comme l’explique une malade du choléra, et soignée à l’hôpital général de Sange. « C’est une eau sale, qui n’est pas traitée, mais par manque d’eau, nous la consommons car nous n’avons pas d’autres solutions. Ma fille est rapidement déshydratée, elle restait couchée et n’arrivait même plus à se relever après être allée aux toilettes à répétition,» confie Busime, la mère de Gisèle.

Des points de chloration d’eau installés par MSF

Pour répondre à l’épidémie, MSF appuie le centre de traitement de choléra de l’hôpital général de Sange et le Centre de santé de Ndunda, en périphérie de la ville. Au total, l’organisation a mis en place plus de 50 points de chloration de l’eau dans la zone de santé de Ruzizi.

Pour appuyer le nettoyage des points de captage de l’eau, MSF collabore avec la communauté. A terme, l’eau sera à nouveau filtrée et chlorée. « Le libre accès aux points de captage de l’eau potable est le problème majeur dans la zone, c’est ce qu’il faut solutionner en priorité,» fait savoir Adwige Bagula, coordinatrice médicale MSF.

Par ailleurs, le communiqué indique que les mouvements constants de population causés par le conflit amènent dans la zone des personnes qui n’ont jamais été sensibilisées aux gestes de prévention du choléra, souligne pour sa part Elisé Wilondja, superviseur promotion santé MSF. Alors pour anticiper au maximum toute endémique du choléra, MSF sensibilise les relais communautaires à appliquer les mesures d’hygiène de prévention et à réparer les signes de la maladie. La population est aussi formée à laver correctement les bidons d’eau qui peuvent être contaminés.

Juvénal MUTAKATO

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