Les Forces armées congolaises (FARDC) ont annoncé lundi 19 janvier 2026, s’être déployées dans la ville d’Uvira, territoire portant le même nom dans la province du Sud-Kivu. L’information est contenue dans un communiqué de presse signé par son porte-parole a.i, le Lieutenant-colonel Mongba Hazukay Mak.
Ce redéploiement de l’armée congolaise à Uvira et ses environs intervient après le retrait du groupe armé AFC/M23, soutenu par le Rwanda, selon Kinshasa, qui a annoncé jeudi 15 janvier, avoir placé la ville «sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale».
Dans le communiqué, les FARDC déplorent par ailleurs le pillage systématique de la ville selon l’armée, par « les militaires de la coalition AFC/M23-RDF avant leur évacuation».
Pour rappel, l’AFC/M23 a lancé début décembre une offensive dans la province du Sud-Kivu et pris le contrôle d’Uvira, une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants, située à la frontière du Burundi, alors que la RDC et le Rwanda venaient de signer un accord de paix sous l’égide des États-Unis.
Le 17 décembre 2025, le groupe armé avait annoncé le retrait de ses troupes d’Uvira, répondant selon lui à une demande américaine, mais des policiers et militaires de l’AFC/M23 étaient restés dans la ville.
Il a affirmé jeudi qu’il entendait retirer ses dernières troupes présentes à Uvira et clamé son intention de placer la ville « sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale». Des sources locales avaient constaté samedi des mouvements de troupes du M23 quittant la ville.
Habitants en liesse
Dimanche matin, des combattants Wazalendo, des milices locales pro-Kinshasa, ont fait leur entrée dans des quartiers du sud d’Uvira, suivis dans la journée par des membres des forces spéciales congolaises, selon des sources locales et gouvernementales.
Ces combattants avaient été accueillis par des habitants en liesse, tandis que des tirs sporadiques résonnaient dans la ville. Leur arrivée a également été émaillée de scènes de pillages de magasins et d’habitations, selon plusieurs sources locales.
« Une vingtaine de civils pillards a été interpellée, » a affirmé lundi le porte-parole a.i des FARDC, Mak Hazukay, dans un communiqué annonçant la reprise de la ville par l’armée congolaise la veille.
Il a précisé que ces civils seront déférés devant la justice. Dans le communiqué, il indique que les FARDC « poursuivent leur déploiement dans la ville d’Uvira et ses environs afin de consolider leurs positions».
Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean Jacques Purusi, avait indiqué que les troupes du M23 «se sont positionnées sur les hauteurs» d’Uvira «pour braquer leurs armes sur la ville», ainsi que dans des localités situées à une quinzaine de kilomètres du centre, dans un message diffusé à la presse dimanche.
Règlements de compte et pillages
Le coordinateur politique du groupe armé AFC/M23, Corneille Nangaa, a quant a lui accusé dans un message sur X les forces gouvernementales de « règlements de compte» et de «pillages» visant notamment la communauté Banyamulenge, une communauté tutsi de l’Est de la RDC.
Une partie des membres de la communauté Banyamulenge encore établis à Uvira aurait quitté la ville samedi, en même temps que les troupes du M23, qui prétend défendre les banyamulenge au Sud-Kivu.
Le même samedi, la communauté Banyamulenge qui réside aux États-Unis d’Amérique a dénoncé dans une correspondance adressée au président Donald Trump, la «déportation de la communauté Banyamulenge d’Uvira vers le Rwanda ».
Pendant ce temps, le gouverneur Jean-Jacques Purusi, a dénoncé une «une tactique de victimisation» et «une manipulation de la souffrance de la population», dans un message transmis à la presse dimanche.
«Les militaires congolais sécurisent la ville, notamment le quartier des Banyamulenge, » a-t-il déclaré à la presse internationale.
Dans un courrier daté du 11 janvier, le M23 a demandé à la MONUSCO, dont les Casques bleus sont déployés dans la province voisine du Nord-Kivu, d’assurer la sécurité de la ville.
Notons que la partie orientale de la RDC est ravagée par trente années de conflits. Les violences se sont intensifiées avec la résurgence du M23 fin 2021, qui s’est emparé de vastes pans de provinces du Nord et Sud-Kivu et des grandes villes de Goma fin janvier 2025 et de Bukavu à la mi-février.
Rédaction


