Le gouvernement provincial du Sud-Kivu basé dans la partie sud de la province, interpelle la communauté nationale et internationale sur la gravité de «violations des droits de l’homme» en cours. Dans un communiqué publié depuis la ville de Baraka en territoire de Fizi, ce mercredi 10 décembre, le porte-parole du gouvernement provincial et ministre de la communication et médias, Bashizi Didier Kabi évoque un risque d’un nouveau carnage à grande échelle.
Dans ce document officiel consulté par notre rédaction ce jeudi, le ministre provincial de la communication et médias, porte-parole du gouvernement provincial, indique qu’à la suite d’une visite effectuée le 7 décembre par le gouverneur Jean-Jacques Purusi dans les centres de santé et hôpitaux d’Uvira, un bilan particulièrement lourd a été officiellement constaté, faisant état de « 413 civils tués par balles, grenades et bombes de Kamanyola, Katogota, Luvungi, Bwegera, Luberizi, Mutarule, Lemera, Sange, Kiliba à Uvira, ».
Il note de nombreuses femmes, enfants et jeunes, parmi les victimes, précisant que ces violences ne révèlent pas d’actes isolés mais, s’inscrivent dans une « intention manifeste de carnage», visant notamment « les familles des résistants locaux, ciblés de manière délibérée afin de briser toute capacité de résistance, semer la terreur et imposer des déplacés forcés massifs».
Une crise humanitaire majeure
Le communiqué du gouvernement provincial du Sud-Kivu parle d’une situation qui entraîne une crise humanitaire majeure, marquée par des déplacements de populations, estimés à plus de « 200 000 personnes »contraintes de fuir la ville d’Uvira dans des conditions «extremement précaires » sans « mécanisme d’assistance humanitaire suffisant » ce qui appelle à une « réponse urgente et concertée », écrit Maître Bashizi Didier Kabi, ministre provincial de la communication et médias.
Appel à une mobilisation immédiate
À cet effet, il appelle à une mobilisation immédiate afin de protéger les populations civiles et de « restaurer durablement» la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette communication intervient après le retrait des autorités civiles et militaires à Uvira et sa conquête par les rebelles de l’AFC/M23, sans combats ce mercredi; une ville devenue capitale provisoire de la province du Sud-Kivu après la chute de Bukavu en février dernier.
Juvénal MUTAKATO


