Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (OCHA) peint un tableau sombre de la situation humanitaire dans la province du Sud-Kivu en cette fin d’année 2025. Selon un communiqué publié récemment, depuis le 2 décembre, la situation sécuritaire s’est dégradée au Sud-Kivu à la suite d’une escalade d’affrontements armés dans les territoires d’Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe, affectant considérablement les activités humanitaires.
Selon ce document consulté par notre rédaction, depuis l’annonce du retrait du M23 de la ville de Uvira, le 17 décembre, la situation sécuritaire demeure extrêmement précaire dans région, où les violences armées se poursuivent, provoquant des déplacements continus.
« Le 17 décembre, la situation sécuritaire demeure extrêmement précaire à Uvira, dans les localités avoisinantes et le long de l’axe Uvira–Fizi,» peut-on lire dans ce document.
Mouvement de population
Le communiqué note que depuis le 2 décembre, l’escalade du conflit armé dans la province a entraîné le déplacement d’environ 500 000 personnes à travers les zones de santé de Ruzizi, Lemera (territoire d’Uvira), Nundu, Fizi (territoire de Fizi), Kalehe (territoire de Kalehe). Ces populations sont logées dans des espaces publics (écoles, églises, etc.), des sites surpeuplés ou au sein de communautés d’accueil déjà fortement sollicitées.
« Leurs besoins immédiats incluent notamment la sécurité alimentaire, les abris, les articles ménagers essentiels, la santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la protection, etc, » poursuit le document.
Accès humanitaire
OCHA indique que les contraintes d’accès (sécuritaire, logistiques, administratives) affectent considérablement les activités humanitaires. Entre le 15 et 21 décembre, au moins six partenaires ont dû retarder leurs mouvements sur la route nationale numéro (RN5), en particulier entre Kamanyola et Uvira, en raison de restrictions imposées par les autorités locales et militaires dans le territoire de Walungu.
L’organisation fait remarquer que dans le territoire d’Uvira par exemple, « l’absence d’autorités bloque la reprise et la continuité des opérations humanitaires, faute d’interlocuteurs légitimes pour coordonner les mouvements».
Par ailleurs, elle indique que la présence d’acteurs armés à Munene et Makobola limite fortement l’acheminement de l’aide, surtout vers le territoire de Fizi.
Dans le territoire de Kalehe, OCHA montre que la fermeture de la route nationale (RN3), axe Miti–Bitale, depuis le 15 novembre, à la suite d’affrontements dans le Parc national de Kahuzi-Biega, affecte plus de 216 000 déplacés.
Ces populations sont privées d’assistance. Les structures sanitaires connaissent notamment des ruptures de médicaments, faute d’approvisionnement et de restriction d’accès. Les aires de santé d’Irangi, Hombo Sud et Itebero sont les plus touchées.
Cet organisme de l’ONU qui coordonne les réponses aux crises humanitaires mondiales, des catastrophes naturelles aux conflits relève qu’un climat d’inquiétude persiste dans ces territoires, suscitant une attention particulière.
Juvénal MUTAKATO


