Sud-Kivu : la ville d’Uvira plongée dans une situation confuse ce dimanche

Des actes de pillage accompagnés par des tirs à balles réelles ont été signalés dans toutes les communes de la ville d’Uvira (Sud-Kivu), ce dimanche 18 janvier 2026, rapportent plusieurs sources locales. C’est après le retrait total des forces de l’AFC/M23, prenant la direction nord vers la plaine de Ruzizi. 

Nos sources renseignent que les Wazalendo, milices alliées à l’armée congolaise (FARDC), sont entrés, ce dimanche 18 janvier, dans la ville d’Uvira, au lendemain du retrait des derniers éléments de l’AFC-M23. Ce dimanche matin, des scènes de pillages et des coups de feu étaient entendus à Uvira

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Selon certains habitants joints par notre rédaction, des coups de feu ont été tirés en l’air par les Wazalendo à leur entrée dans Uvira, des tirs pour marquer leur arrivée, mais aussi pour voir s’il y aurait une éventuelle réplique de combattants de l’AFC/M23, restés dans la ville. D’après ces habitants il n’y a pas eu de répliques.

Des images et vidéos sur les réseaux sociaux, montrent des combattants Wazalendo qui entrent dans Uvira depuis tôt ce dimanche matin, parfois accueillis le long de la route par des habitants. Certains étaient en tenue militaire, d’autres en tenue civile, avec des armes à feu.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Dans le sillage des miliciens Wazalendo entrés dans la ville de Uvira aux premières heures de la journée, sont arrivés des militaires de l’armée congolaise. Des unités FARDC visibles en début d’après-midi dans plusieurs quartiers de la ville et au port de Kalundu.

Des scènes de pillage rapportées. 

Des habitants seraient allés vider des bâtiments administratifs qui ont été occupés puis abandonnés par les membres de l’AFC/M23, tels que le Palais de justice ou encore le port de Kalundu.

Ces événements surviennent au lendemain du départ, samedi 17 janvier, d’une colonne de combattants de l’AFC/M23 d’Uvira. Des hommes en treillis, armes en bandoulière et casques sur la tête, ont été vus quittant la ville, certains à pied, d’autres embarqués à bord de camions, selon des témoins.

Selon l’AFC/M23, il s’agissait de son « unité d’observation et de monitoring ». Le mouvement affirme que ce départ marque l’achèvement de son retrait d’Uvira, annoncé le 15 janvier, et indique décliner désormais toute responsabilité dans la sécurisation de la ville et de ses habitants.

Un appel à la vigilance et à l’unité 

Depuis Bujumbura, Jean Jacques Purusi, gouverneur du Sud-Kivu, a adressé un message à la population d’Uvira après le retrait du M23, dans un communiqué audio partagé via WhatsApp, puis dans un communiqué officiel.

« Ne tombez pas dans le piège de la division : depuis des générations, toutes les communautés du Sud-Kivu ont vécu ensemble en harmonie, malgré les manipulations politiques, » a-t-il exhorté, soulignant que « personne ne doit être attaqué pour son origine ; la protection de toutes les communautés sans distinction est un devoir républicain ».

Le gouverneur a demandé ainsi à toutes les familles contraintes de partir, « je le dis clairement : vous rentrerez chez vous, et nous garantirons votre sécurité et la reprise normale de votre vie,».

Pendant ce temps, le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu appelle la population d’Uvira au calme, à la vigilance et à la cohésion sociale, après le retrait des éléments AFC/M23 et l’arrivée de certains éléments des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VPD-Wazalendo).

Des risques sécuritaires persistants

Dans un document publié ce 18 janvier et consulté par notre rédaction, Néné Bintu, présidente du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu alerte sur les risques sécuritaires persistants et dénonce des stratégies de division susceptibles de replonger la ville dans la violence.

Outre, la société civile déplore et condamne également les actes de vandalisme, de vols et de pillages systématiques attribués aux éléments de l’AFC/M23 depuis leur arrivée à Uvira jusqu’à leur départ.

Elle dénonce aussi des pillages perpétrés ce 18 janvier par certains citoyens inciviques, notamment à la Direction générale des douanes et accises (DGDA), au port de Kalundu, à l’Office congolais de contrôle (OCC), dans certains hôtels appartenant à des commerçants locaux, ainsi que dans des dépôts de paisibles citoyens, y compris des biens appartenant à des membres de la communauté Banyamulenge.

À ce sujet, le gouverneur Purusi a rassuré que : « Notre objectif est clair : continuer à vivre ensemble et trouver des solutions durables à travers le dialogue et la concertation, ». 

Juvénal MUTAKATO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.