La société civile du Sud-Kivu a fermement dénoncé dans un communiqué daté du 7 avril, une série d’actes de vandalisme visant des symboles du pouvoir coutumier dans la chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu ainsi que l’arrestation et la disparition de plusieurs jeunes du groupement de Cirunga, en territoire de Kabare.
Selon ce communiqué, ces actes auraient été perpétrés dans la nuit du 4 au 5 avril 2026 au bureau administratif de la chefferie de Ngweshe par des éléments de « l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda».
Le document fait état de destructions importantes : « portes fracturées, documents dispersés ou emportés, mobilier vandalisé et argent disparu du bureau du receveur».
Un patrimoine coutumier ciblé
La société civile via sa présidente Néné Bintu rappelle que ces violences ne sont pas isolées.
Des faits similaires avaient déjà été signalés entre février et mai 2025, touchant notamment la résidence du Mwami Alexandre Nnabushi Kabare à Cirunga.
À ce jour, cette résidence resterait occupée par des éléments armés, une situation jugée humiliante pour la tradition Shi et les autorités coutumières.
D’autres actes de vandalisme ont également été signalés au palais royal du Mwami Ntale Shosho, chef de la chefferie de Buhavu, peu après la chute du territoire de Kalehe en février 2025.
Plusieurs chefs coutumiers vivraient actuellement dans la clandestinité, malgré leur statut et leur innocence.
Pour la société civile, ces attaques traduisent non seulement une volonté de destruction du patrimoine coutumier, mais aussi une tentative de faire disparaître des documents historiques relatifs au royaume du Bushi, dont l’histoire est étroitement liée à l’identité de la région.
Des arrestations jugées arbitraires
Parallèlement, l’organisation alerte sur l’arrestation de plus de 25 personnes, majoritairement des jeunes de Cirunga. Ces derniers auraient été interpellés le 6 avril et conduits vers une destination inconnue.
D’après les informations recueillies, ces arrestations seraient intervenues après que des habitants, croyant à un départ définitif des éléments AFC/M23 du palais royal, s’y sont rendus pour manifester leur joie.
Une interprétation erronée de la situation, puisqu’il ne s’agissait en réalité que d’une relève des troupes.
La société civile condamne ces arrestations et exige la libération immédiate de ces jeunes, qualifiés d’innocents, dénonçant toute tentative de les assimiler à des combattants.
Appel au respect des droits et des traditions
Dans son communiqué, la société civile du Sud-Kivu appelle les responsables de l’AFC/M23 à faire preuve d’humanité et à respecter les droits humains, mais aussi les coutumes et les lieux sacrés que représentent les palais royaux.
Elle établit un parallèle avec les périodes sombres du mouvement RCD/Goma, marquées par des assassinats de chefs coutumiers et le pillage de leurs résidences, et estime que de tels actes ne doivent plus se reproduire.
Enfin, l’organisation interpelle l’opinion nationale et internationale sur ces atteintes graves au patrimoine et à l’identité culturelle du peuple, rappelant que la Constitution congolaise reconnaît et protège l’autorité coutumière: « Un peuple sans histoire n’en est pas un, » conclut le communiqué, appelant à justice et réparation.
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