La ville de Bukavu (Sud-Kivu) est confrontée ces derniers jours à une recrudescence préoccupante des enfants en situation de rue. Un phénomène qui suscite de vives inquiétudes quant à la sécurité publique et à la cohésion sociale.
Selon notre observation, plusieurs enfants sont souvent aperçus dans différents coins de la ville, particulièrement aux heures vespérales. Leur présence inhabituelle, dont les origines restent floues, alimente la peur et l’interrogation au sein de la population.
Selon Raphaël Ciza, coordinateur de l’Association pour la lutte contre les tribalisme et les conflits ethniques en République démocratique du Congo, (AFATEC-RDC), la situation devient de plus en plus alarmante et semble échapper au contrôle des autorités locales.
« Nous observons aujourd’hui une augmentation flagrante du nombre d’enfants en situation de rue ou abandonnés par rapport aux années précédentes, » a-t-il constaté, soulignant que ce phénomène est directement lié aux « conséquences sociales des conflits armés qui secouent l’Est de la République démocratique du Congo». Il le qualifie de véritable catastrophe humanitaire.
En effet, de nombreux enfants se retrouvent sans repères, ayant perdu leurs parents ou leurs proches, sans qu’aucune enquête ne soit menée pour établir leur identité ni garantir leurs droits fondamentaux.
Raphaël Ciza alerte également sur les risques à long terme : « Sans prise en charge immédiate, notamment en matière d’identification et de scolarisation, nous risquons de préparer une marginalisation sociale accrue, avec des conséquences graves pour l’avenir ».
Face à cette situation, il lance un appel urgent au gouvernement ainsi qu’aux organisations humanitaires pour une intervention rapide. Il insiste sur la nécessité de mettre en place des mécanismes d’identification, de protection et de réinsertion sociale de ces enfants.
Sans une action coordonnée et immédiate, cette problématique pourrait non seulement s’aggraver, mais aussi engendrer des tensions sociales et sécuritaires dans les jours à venir.
Merci Byamungu


