Le Bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu dresse un tableau sombre de la situation économique et sociale marquée par l’arrêt des activités bancaires à Bukavu, sept mois après l’occupation des plusieurs entités du Sud-Kivu, dont la ville de Bukavu, capitale provinciale.
Dans sa déclaration sur la situation actuelle dans les zones occupées par la rébellion de l’AFC/M23, signée et publiée ce lundi 1er septembre, la société civile du Sud-Kivu indique que la fermeture des institutions financières perturbe gravement la vie économique et aggrave les conditions de vie des ménages, soulignant que cette fermeture prolongée entraîne la circulation de billets usés de la monnaie congolaise, le chômage ainsi que la famine.
Malgré les efforts de la résilience de la population, la société civile fait remarquer que la destruction et la fermeture des aéroports de Kavumu au Sud-Kivu et de Goma au Nord-Kivu, ont accentué la crise, dénonçant au même moment un système fiscal opaque.
« Dans tous les secteurs de l’économie, les taxes sont payées et aucune redevabilité n’est visible. La société civile dans le contexte actuel, ne sait pas organiser le contrôle citoyen par peur des représailles,» peut-on lire dans la déclaration de cette structure.
L’administration du M23 a fait reculer la province de plus de 20 ans, soulignant «chômage massif, dysfonctionnement des services publics et famine alimentaire», une «souffrance indescriptible » de la population.
Processus de paix
Dans le contexte pareil, la société civile critique l’inefficacité des dialogues de paix menés notamment à Washington et Doha, tout en saluant par ailleurs l’initiative de médiation portée par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki ainsi que celle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), soutenue par d’autres confessions religieuses de la RDC.
« Mais pour combien de temps le peuple devra encore endurer toutes ces souffrances imposées par la guerre ?» s’interroge-t-elle.
Pillages et danger sanitaire
Dans le même document, la société civile du Sud-Kivu alerte sur un danger sanitaire, soulignant l’absence remarqué de l’Office congolais de contrôle (OCC).
«L’absence de l’Office congolais de contrôle (OCC), aux frontières laisse entrer, boissons, produits pharmaceutiques et denrées alimentaires en provenance des pays voisins, sans aucun contrôle d’hygiène,» s’inquiète cette structure.
Elle déplore le pillage des équipements de l’OCC, emportés « au Rwanda » précise le document. Elle dénonce également le pillage de véhicule appartenant à des particuliers et à l’État, «transférés pour la plupart au Rwanda ».
Appel à la retenue
Tout en dénonçant les violations des droits humains commises dans ces zones, la société civile appelle les autorités de l’AFC/M23 à revoir leurs mesures «cavalières» qui selon elle aggravent les souffrances de la population et intégrer les besoins socio-économiques des habitants dans les négociations de paix et de cohésion sociale, conclut ce document.
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