Sud-Kivu: A Kabare, des femmes participent moins à la gestion par manque de sensibilisation

A Kabare au Sud-Kivu, les femmes sont moins présentes dans la gestion de la chose publique. Dans cette partie de la province du Sud-Kivu, les femmes, à part le fait d’être moins présentes dans la gestion, fréquentent aussi faiblement les partis politiques. Cette situation ne permet pas aux femmes engagées dans la politique de se faire élire aux élections bénéficiant de soutien d’autres femmes. Des femmes engagées en politique rencontrent plusieurs difficultés pour trouver leur place de choix dans les partis politiques, dont les stéréotypes de la communauté.

Espérance Camunani, conseillère du gouverneur de province du Sud-Kivu et membre au sein du parti politique, Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), regrette le fait que la sensibilisation des femmes n’est pas effective à Kabare. Elle accuse pour sa part, la coutume rétrograde qui pèse sur les femmes et des stéréotypes de la société qui limitent les femmes.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Pour Thadée Miderho l’administrateur du territoire de Kabare, la coutume « Shi » pèse beaucoup sur la femme qui veut faire la politique. Il fait aussi allusion au manque de sensibilisation pour aider les femmes à se faire élire lors des élections pour participer dans la gestion.

« A Kabare, la femme « Shi » est du genre timide lors qu’il s’agit de faire la politique. Dans la communauté, on sait que la politique est réservée seulement aux hommes. Et pour toute femme qui évolue dans la politique, elle est victime des plusieurs stéréotypes de la part des habitants. Rares sont ces femmes-là qui s’engagent vraiment dans le domaine  politique. Nombreuses ont du mal à se lancer par crainte de perdre leur foyer (…) Aussi, pour être éligible à l’alignement pendant la période électorale, il faut avoir ses propres moyens financiers. Et cette pratique, ne donne pas la chance à la femme Kabaroise de pouvoir postuler même si elle a des capacités pour travailler », explique Thaddée.

Malgré ces défis, des femmes de Kabare se lancent dans la politique et certaines d’entre elles se font élire aux élections législatives provinciales que nationales. C’est le cas de Béatrice Muderhwa, député nationale honoraire élue dans la circonscription électorale de Kabare à la députation nationale aux élections organisées en 2011.

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« Je suis native du territoire de Kabare. J’ai réussi à me faire élire à Kabare mais avant de me constituer une base ce n’était pas chose facile.  Déjà j’ai utilisé la majorité des membres de ma famille pour que les gens arrivent à me soutenir, et surtout qu’ à l’époque les femmes étaient moins informées concernant la politique», témoigne Béatrice.

Cependant, Béatrice regrette de voir que dans son territoire, Kabare, les femmes n’ont pas de place considérable en matière politique. Elle en appelle les femmes à faire preuve de courage pour briser la peur et faire face aux stéréotypes qui sont tournées contre elles.

En clair, environ dix femmes seulement sont activement engagées dans les partis politiques à Kabare selon Mme Espérance Camunani qui sait les cités au bout des doigts .

D’autres se chargent seulement de chanter et danser pour les personnalités politiques qui arrivent dans leur entité. Ce qui bloque l’émergence de la femme locale dans les postes de responsabilité et l’application de l’équité du genre.

Par ailleurs, Mapendano Biregeyi, défenseur des droits de l’homme évoque  l’article 14 de la constitution de la RDC qui encourage la participation des femmes dans la prise des décisions et  sans discrimination mais aussi ; la loi du 10 juin 2008 portant financement public des partis politiques qui souffre d’inapplication qui à son article 3 alinéa 5 oblige aux partis politiques de tenir compte de la parité homme/femme dans l’établissement des listes électorales pour recevoir la subvention de l’Etat.

Pour lui, la loi donne déjà une voie aux femmes pour participer dans la vie publique c’est pourquoi, il faut faire la sensibilisation pour aider des femmes de Kabare à comprendre qu’elles ont aussi une place dans la vie politique et à des postes décisionnels.

Francine Cikezo

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