Shabunda : coupé de Bukavu et de Goma, carburant, ciment et autres biens ont haussé de prix

La situation socio-économique dans le territoire de Shabunda (Sud-Kivu) est actuellement chaotique. Sur place, une flambée des prix de première nécessité est observée sur le marché local, suite notamment à la coupure des principaux axes d’approvisionnement touchés par la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.

Depuis fin janvier 2025, la population de Shabunda fait face à une explosion des prix des produits de première nécessité. Coupé de Bukavu et de Goma, principaux centres d’approvisionnement, Shabunda s’enfonce dans son enclavement décrié depuis des années et alimenté aujourd’hui par l’occupation rebelle de l’AFC/M23 de ces grandes deux villes de l’Est du pays.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Le député national Placide Wenda, élu de ce territoire a dressé un tableau sombre de la situation socio-économique, dans une correspondance adressée aux autorités nationales.

Dans ce document, cet élu fait remarquer qu’un sac de ciment coûte actuellement 100 dollars américains, tandis qu’un litre de carburant se négocie entre 15 000 et 20 000 Francs congolais, soit, soutient-il 10 fois le prix pratiqué à Bukavu.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Cette flambée des prix serait directement liée à la situation sécuritaire instable, notamment dans les villes de Bukavu et Goma, hors contrôle du gouvernement congolais depuis au moins six mois; mais également à l’enclavement du territoire.

Selon l’élu de Shabunda, cette instabilité sécuritaire a entraîné l’arrêt des travaux du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), censé apporter des infrastructures de base dans les zones rurales.

« Un programme perçu comme une promesse d’amélioration concrète dans des territoires comme Shabunda, dépourvus d’écoles modernes, d’hôpitaux équipés et de routes praticables. L’abandon de ce programme, combiné à la hausse du coût de la vie, frappe durement une population déjà marginalisée,» regrette Placide Wenda dans sa correspondance adressée au ministre du plan.

A l’en croire, malgré sa forte contribution de 45% à l’économie du Sud-Kivu, notamment en matières premières, les habitants de Shabunda restent confrontés à un quotidien marqué par la précarité et l’isolement, renchérit -t-il.

Juvénal MUTAKATO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.