La séance plénière de ce mercredi 17 septembre 2025 à l’Assemblée nationale dirigée par le premier vice-président Jean Claude Tshilumbayi, a opté pour la mise en place d’une commission spéciale et temporaire pour examiner les pétitions visant cinq membres du bureau, dont le président Vital Kamerhe.
La séance plénière a été secouée par une vive agitation dans l’hémicycle, au sujet des étapes des pétitions déposées contre 5 des 7 membres du bureau.
Au cœur de cette atmosphère, la voix du député Justin Bitakwira a résonné pour alerter sur la perception du peuple face aux crises qui secouent le pays. Depuis la tribune, l’élu d’Uvira au Sud-Kivu a interpellé ses pairs, évoquant les zones occupées de l’Est et les souffrances endurées.
« Le peuple qui nous regarde pense que nous sommes des inconscients, » a-t-il lancé, avant d’être interrompu par le brouhaha de l’assemblée. Il lui a finalement été demandé de retirer ses propos.
Mise sur pied de la commission spéciale
Cette équipe de 22 membres, dont 21 issus des différents groupes parlementaires et un non-inscrit, a désormais la lourde tâche de démêler le vrai du faux dans une affaire qui secoue le perchoir.
À la tête de la commission, on retrouve Peter Kazadi, élu de Mont-Amba (Kinshasa) et cadre influent de l’UDPS-Tshisekedi. Son adjoint n’est autre que Christian Mwando Nsimba, député élu de Moba (Tanganyika) et figure de proue d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi. Le secrétariat, lui, a été confié à Yannick Mambu Mbasa, élu de Kenge (Kwango), également de l’UDPS.
Un équilibre subtil qui traduit la volonté d’associer majorité et opposition dans un exercice hautement sensible.
La commission n’a que trois jours pour entendre les différentes parties. Selon le programme publié par l’Assemblée nationale, les pétitionnaires ouvriront le bal ce vendredi 19 septembre 2025, avant l’audition des deux poids lourds du bureau, Vital Kamerhe et Jacques Djoli, prévue le même jour. Les trois autres membres visés défileront samedi.
Une fois les auditions closes, le rapport sera transmis au bureau provisoire conduit par Isaac Tshilumbayi (UDPS), 1er vice-président de l’Assemblée nationale, secondé par Christophe Mboso, 2e vice-président, deux rescapés de l’équipe Kamerhe.
Les conclusions devront être discutées en plénière dans un délai maximum de trois jours après le dépôt.
Au-delà des noms et des procédures, c’est l’équilibre interne de l’Assemblée nationale qui se joue. Les prochains jours s’annoncent décisifs : la commission devra dire si les griefs portés contre les membres du bureau sont fondés ou s’il s’agit d’une manœuvre politique dans un hémicycle toujours sous tension.
Rédaction


