L’Alliance fleuve Congo/M23 a vivement réagi dans un communiqué daté du 16 novembre 2025, à l’instruction du président de la République, Félix Tshisekedi, en Conseil des ministres du vendredi dernier, de préparer la réouverture humanitaire de l’aéroport de Goma (Nord-Kivu), actuellement sous contrôle rebelle.
Dans ce communiqué parvenu à notre rédaction, l’AFC/M23 qualifie d’« illusoire » et « inacceptable » l’annonce venue de Kinshasa. Selon ce mouvement rebelle, le gouvernement central n’a ni la légitimité ni le droit de planifier la remise en service d’infrastructures situées en zone échappant à son contrôle.
« L’aéroport de Goma pourra et sera rouvert uniquement par l’AFC/M23, et non par Monsieur Tshisekedi Tshilombo ni par quiconque d’autre, » réagi la rébellion.
Au-delà de l’aéroport, l’AFC/M23 accuse Kinshasa de « pillage » et de « sabotage » des installations avant leur prise de contrôle. Le mouvement affirme que toute initiative concernant la réouverture devra passer exclusivement par lui, rejetant toute tentative du gouvernement congolais d’affirmer son autorité dans la région.
Le communiqué souligne également que l’organisation suit « avec la plus grande vigilance » les mouvements des FARDC et de leurs alliés sur les lignes de front, accusant Kinshasa de renforcer discrètement ses positions et ses alliances militaires.
L’AFC/M23 prend aussi position sur les tensions entre la RDC et le Rwanda. Il affirme ne pas être concerné par le différend diplomatique entre les deux États et attribue l’entière responsabilité de ce conflit au gouvernement congolais.
« Le régime de Kinshasa est seul responsable de ses actes vis-à-vis des États voisins, » écrit le point focal- communication de l’AFC/M23, invitant la RDC à régler ses litiges « sans chercher à y mêler » le mouvement.
Cette réaction révèle un durcissement du rapport de force autour de Goma, où enjeux humanitaires et bataille pour le contrôle territorial s’entremêlent.
La volonté affichée de Kinshasa de rouvrir l’aéroport se heurte désormais à une opposition frontale des rebelles, faisant peser de nouvelles incertitudes sur l’acheminement de l’aide et la gestion des infrastructures stratégiques.
Il reste à savoir qui réellement décidera de l’ouverture de cette infrastructure aéroportuaire.
Rédaction


