L’ampleur et l’incidence des discours de haine sont aujourd’hui accentués par le contexte d’insécurité grandissante à l’Est de la République démocratique du Congo. Ils se diffusent aussi bien dans les espaces physiques tels que les journaux et les médias audiovisuels que dans les espaces virtuels où les réseaux sociaux jouent un rôle catalyseur au même titre que les rumeurs.
En effet, la diffusion de ces discours en ligne est d’autant plus problématique qu’il est difficile de les sactionner et d’en retrouver les auteurs.
La mise en œuvre des mesures de lutte se révèle complexe puisqu’elle doit préserver un équilibre entre liberté d’expression et protection des individus ainsi que des communautés.
Ces outils ne sont pas sans risque de mésusage (répression des défenseurs des droits humains, persécutions des minorités, etc…) et peuvent être limités dans leur application, qui dépend en grande partie de la volonté politique du gouvernement national. Différents acteurs se sont saisis de cet enjeu à leur niveau.
Pour lutter contre ces discours de haine, il est essentiel de mettre l’accent sur l’inclusion d’un engagement contre la discrimination et ses causes, l’abstention des responsables politiques, en tant que détenteurs de l’autorité, de tout discours de haine et doivent condamner officiellement les messages susceptibles d’inciter à la violence.
A l’ère des nouvelles technologies, le contrôle et la diffusion d’une information fiable sont des éléments indispensables pour endiguer la propagation des discours de haine au sein de la société congolaise. Ces propos sont souvent le résultat de fausses informations diffusées en toute impunité, ce qui implique la mise en place d’un contre discours basé sur des faits vérifiables.
Juvénal MUTAKATO


