La quatrième audience du procès qui oppose le parquet général militaire à l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange s’est tenue ce jeudi 21 août devant la Haute cour militaire dans la commune de la Gombe (Kinshasa).
Poursuivi pour « participation à un mouvement insurrectionnel » et « crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité », l’ex-chef de l’État continue de polariser l’attention de l’opinion.
Ce jeudi, le débat a pris une tournure inattendue. À la barre, Maître Richard Bondo, coordonnateur du collectif d’avocats des parties civiles représentant notamment des victimes venues du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, a frontalement remis en cause l’identité même de l’accusé.
« Ce n’est pas Joseph Kabila, mais Hippolyte Kanambe, » a-t-il révélé.
À l’en croire, l’ancien président aurait dissimulé sa véritable identité derrière un pseudonyme.
« Monsieur le président, vous jugez Joseph Kabila par son pseudonyme. Son vrai nom, c’est Hippolyte Kanambe. Il a caché ce nom pour se présenter au public, tant national qu’international, sous celui de Joseph Kabila, » a-t-il poursuivi, provoquant murmures et réactions dans la salle.
Au-delà de cette querelle identitaire, Me Bondo a insisté sur la gravité des faits reprochés à l’ancien chef de l’État. Il a parlé de « comportements étrangers à la civilisation humaine », estimant que les crimes imputés à Kabila relèvent d’actes d’une extrême violence contre la paix et la sécurité de l’humanité.
Pour les associations de veuves et d’orphelins de guerre qu’il représente, ces crimes ont laissé des cicatrices indélébiles dans l’Est du pays.
S’agissant de sa fortune, l’avocat a évoqué la dimension économique de ce procès. Selon lui, Joseph Kabila disposerait d’une fortune évaluée à 32 milliards de dollars américains.
« Avec une telle richesse, Joseph Kabila dépasse même le Nigérian Aliko Dangote, » a-t-il lancé, suscitant des réactions d’incrédulité.
Si ce chiffre n’a jamais été confirmé par des sources indépendantes, il soulève des interrogations dans un pays où la majorité de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.
Indemnisation des victimes
Les avocats de différentes parties civiles ont plaidé pour l’indemnisation de leurs clients à la hauteur de 24 171.307.061 dollars américains à titre de réparation de préjudices subis.
« A ces causes, qu’il plaise à la Haute cour militaire de dire recevable et fondée la conseillère des parties civiles par la République démocratique du Congo (RDC), des provinces d’Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Statuant sur la demande de dommages et intérêts pour réparation des préjudices matériels et financiers, condamner le prévenu à payer à la RDC l’équivalent en franc congolais de l’ordre de 24 milliards dix-sept cents mille neuf millions trois cents sept mille deux cents soixante un dollars, » a déclaré pour sa part Me Jean Marie Kabengela.
Alors que les débats se poursuivent, chaque audience révèle de nouvelles tensions. Entre la remise en cause de son identité, les accusations de crimes graves et la question de sa fortune, Joseph Kabila reste au cœur d’un procès qui s’annonce long, sensible et lourd de conséquences.
La Haute cour militaire a renvoyé la prochaine audience à ce vendredi 22 août pour le réquisitoire du parquet général militaire.
Rappelons que l’ex-président Joseph Kabila est jugé pour neuf chefs d’accusation, notamment participation à un mouvement insurrectionnel, crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide intentionnel par balles, trahison, apologie du terrorisme, viol, torture, déportation ainsi qu’occupation à force ouverte de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’Est du pays.
Rédaction


