Parité et loi électorale : L’AFEM confirme un véritable recul dans la promotion de la parité au Sud-Kivu

Parité et loi électorale : L’AFEM confirme un véritable recul dans la promotion de la parité au Sud-Kivu

Lors d’un café de presse organisé le 30 novembre par l’Association des femmes des médias (AFEM) et Internews Sud-Kivu, sur la parité et la loi électorale, Maitre Aimée Matabaro, membre du panel, a chargé l’autorité provinciale du manque d’intérêt à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.

Dans son exposé sur la problématique de la parité en province, Me Matabaro, présidente provinciale du Cadre de concertation de la femme congolaise (CAFCO) déplore le manque de volonté politique des dirigeants congolais de protéger les instruments juridiques consacrant les droits de la femme.

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« …au Sud-Kivu, il y a un véritable recul de la promotion du genre. Passer de 40 à 20% au niveau de la participation politique de la femme dans le gouvernement provincial est un signe que l’autorité provinciale n’a aucun intérêt à promouvoir l’égalité entre femmes et hommes », a-t-elle regretté.

La présidente du CAFCO documente plusieurs défis liés à la matérialisation de la parité dont la discrimination au niveau des institutions religieuses et coutumières, la sous-représentation des femmes dans les instances de prise de décisions à tous les niveaux, la faible coordination des actions, la disparité des visions et stratégies, la dépendance économique des femmes, etc.

En guise de pistes de solution, Me Matabaro estime qu’il importe de poursuivre le plaidoyer auprès du législateur pour que l’actuelle loi électorale, sous examen, tienne compte de la parité homme-femme. Instaurer une meilleure coordination des actions, appliquer les dispositions légales des instruments juridiques en faveur des femmes, adopter des mesures incitatives pour la représentation paritaire dans tous les échelons et leur inscription sur les listes électorales.

Dans ses propos, le Secrétaire exécutif provincial de la CENI, Gaudens Maheshe, souligne que la loi électorale de 2006, revue en 2011, ne fait aucune discrimination entre l’homme et la femme sur la qualité de l’électeur.

En son article 13, néanmoins, elle consacre la représentation paritaire lors de l’établissement de la liste des candidats mais ne prévoit aucune disposition contraignante quant à ce.

« L’article 13 indique qu’au terme de la présente loi, on entend par liste, un document établi par le parti politique ou le regroupement politique comportant plusieurs noms des candidats. Chaque liste est établie en tenant compte de la représentation paritaire homme-femme. La non-réalisation de la parité homme-femme ne constitue pas, malheureusement, un motif d’irrecevabilité de la liste concernée. C’est une contradiction flagrante », déplore Maheshe.

La nouvelle loi bientôt en vigueur « n’est pas différente » de la précédente, soulignant la représentation de paritaire, conformément à l’article 14 de la constitution. Elle exige, selon Maheshe, au parti politique de réserver le quart aux femmes sur la liste des candidats et demande à celles-ci d’être compétitives, crédibles et efficaces pour représenter le peuple. « Toutefois, aucune sanction n’est prévue pour enfreindre cette disposition ».

Pour s’en sortir, la femme seule ne pourrait y parvenir. Les panelistes et les participants ont été tous unanimes sur l’engagement des uns et des autres, y compris les familiers de la femme candidate. L’on devrait mettre en place un cadre d’échanges au tour de cette problématique liée à la participation de la femme congolaise au processus électoral et « aux instances de prise de décisions ».

Le patron de la CENI Sud-Kivu appelle à l’accompagnement des femmes en commençant par leurs maris pour mener une lutte commune.

« Les femmes ne peuvent pas être laissées seules se débattre dans cette triste besogne pendant que leurs époux s’affairent à autre chose et cachent, peut-être, derrière leurs têtes leur ultime pensée sur cet aspect », exhorte-t-il.

A noter que plusieurs acteurs de la société civile et des médias de Bukavu ont participé à cette activité inscrite dans le cadre de la célébration des 16 jours d’activisme contre les violences faites à la femme.

Jean-Marie Mulume

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