Une vive polémique secoue la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu (Sud-Kivu) après la vente de la viande d’un hippopotame piégé par des paysans. L’incident, survenu ce lundi 06 Avril, suscite une forte condamnation de la part des défenseurs de l’environnement et relance le débat sur la protection de la faune sauvage dans la région.
Selon des sources locales, l’animal, en quête de nourriture, serait tombé dans un piège artisanal tendu par des habitants dont l’identité reste inconnue.
Une fois abattu, l’hippopotame a été découpé puis sa viande écoulée sur le marché local, une pratique jugée illégale et dangereuse pour l’équilibre écologique.
Réagissant à cette situation, l’environnementaliste Bienfait Akili n’a pas caché son indignation : « C’est avec effroi et désolation que nous avons appris la vente de la viande d’un hippopotame à Kamanyola. Après investigation, nous avons appris officieusement que l’animal, à la recherche de nourriture, est tombé dans un piège tendu par des inconnus. Malheureusement, sa chair a fait l’objet de marchandises dans la cité de Kamanyola. Cet acte a découragé et explique le degré accru de l’ignorance au sein de la communauté,» a-t-il déclaré.
Pour les spécialistes de la biodiversité, cet acte constitue une violation grave des lois congolaises sur la protection des espèces sauvages. L’hippopotame, espèce emblématique des zones humides africaines, joue un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes aquatiques. Sa disparition progressive, souvent liée au braconnage et à l’expansion humaine, représente une menace réelle pour la biodiversité locale.
Au-delà de l’aspect environnemental, cette situation met également en lumière les tensions croissantes entre les populations riveraines et la faune sauvage.
Dans plusieurs villages du Sud-Kivu, les incursions d’animaux en quête de nourriture dans les champs agricoles sont de plus en plus fréquentes, poussant certains habitants à recourir à des moyens extrêmes pour protéger leurs cultures.
Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour appeler à une sensibilisation accrue des communautés locales, ainsi qu’à un renforcement des mécanismes de cohabitation pacifique entre l’homme et la nature. Des mesures telles que l’éducation environnementale, la mise en place de barrières naturelles ou encore l’appui aux agriculteurs pourraient contribuer à réduire ces conflits.
En attendant, cet incident de Kamanyola reste un signal d’alarme sur la nécessité urgente de préserver la faune sauvage au Sud-Kivu, dans un contexte déjà fragilisé par l’insécurité et la pression démographique.
Pacifique Mulemangabo


