Au marché de Kadutu à Bukavu (Sud-Kivu), la vente des chaussures constitue une activité économique essentielle pour de nombreuses femmes. Pourtant, l’accès au capital reste l’un des principaux obstacles à leur autonomie commerciale.
La majorité des commerçantes affirment avoir commencé grâce au soutien de leurs maris ou de proches. D’autres se tournent vers les systèmes de ristourne, les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC+) ou les coopératives d’épargne et de crédit. Ces mécanismes leur permettent de réunir progressivement un fonds de démarrage. Toutefois, les conditions de remboursement constituent souvent une pression supplémentaire.
En cas de retard de paiement, certaines femmes risquent la saisie de biens ou des poursuites judiciaires. Cette situation les oblige à travailler avec prudence et à effectuer des calculs rigoureux pour éviter la perte de leur capital.
« J’avais commencé grâce à l’argent de mon mari. Après l’avoir perdu, j’ai intégré un groupe de dix mamans pour demander un crédit à la coopérative, » témoigne Adeline, vendeuse de chaussures à Kadutu. « J’ai travaillé avec prudence et j’ai réussi à rembourser.» Pour elle, l’accès au capital reste une opportunité, mais exige discipline et bonne gestion.
Ainsi, si les mécanismes communautaires offrent des solutions, l’accès au financement demeure un défi majeur pour les femmes commerçantes de Kadutu.
Ishara Namegabe Yvette, étudiante à l’ETJ


