Au cœur du marché de Kadutu, entre les cris des vendeurs et le va-et-vient des clients, Pascaline Oseze aligne soigneusement des sandales sur son étal. À 35 ans, cette mère de six enfants vend des chaussures depuis près de deux décennies. Partie de rien, elle a fait du petit commerce sa principale arme contre la précarité.
Originaire de la commune de Bagira dans la ville de Bukavu (Sud-Kivu), elle commence à vendre à seulement 17 ans. « Je ne voulais pas dépendre de quelqu’un, » confie-t-elle. Pour elle, le commerce n’est pas seulement une activité économique, mais une école de dignité. Très tôt, elle comprend que gagner son propre argent protège contre le mépris et l’humiliation.
Mais la réalité du marché est rude. Les fluctuations du taux de change bouleversent les prix. Les taxes journalières pèsent lourd, qu’elle vende ou non. « Il arrive que je rentre presque sans bénéfice, » admet-elle. Certaines journées se terminent avec des invendus et des dettes auprès des grossistes.
Malgré tout, Pascaline persévère. Elle réinvestit chaque petite recette, emprunte si nécessaire et refuse de baisser les bras. « Les jours ne se ressemblent pas, » dit-elle avec philosophie. Derrière son étal modeste, c’est toute une leçon de résilience féminine qui se joue chaque jour à Kadutu.
Ishara Namegabe Yvette, étudiante à l’ETJ


