La Chefferie de Nindja en territoire de Kabare (Sud-Kivu) compte à ce jour plus de 5000 déplacés en provenance de différents villages du groupement de Kaniola en territoire de Walungu. Ces personnes déplacées font face à plusieurs difficultés liées aux mauvaises conditions de vie dans des familles d’accueil, indique un défenseur des droits humains, membre de l’organisation Jeunesse active pour le développement (JAD), joint ce mercredi 16 avril par notre rédaction.
Le coordonnateur de cette organisation, Bienfait Bahizire fait savoir que ces déplacés viennent s’ajouter à des retournés qui avaient pris fuite lors du passage en grand nombre des militaires des Forces armées congolaises et des forces burundaises ainsi que leur forte activité juste avant l’occupation de la ville de Bukavu et d’autres entités par la coalition rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC-M23).
Il précise qu’un besoin humanitaire se sent dans la région où de nombreuses personnes déplacées nécessitent une prise en charge médicale et humanitaire. Ce défenseur des droits humains affirme que des cas de malnutrition se font déjà sentir particulièrement chez les enfants ainsi que chez les adultes par manque de moyens de substance.
Cette situation est également accentuée par les derniers affrontements entre les éléments Wazalendo et ceux de l’AFC-M23 qui ont lieu depuis mars dernier.
« Au cours du mois de février, il s’est observé plusieurs éléments des FARDC, des forces armées burundaises dans la chefferie de Nindja en groupement d’Ihembe (…), la population ayant été effrayée de ce mouvement militaire, certains ménages ont fait le mouvement de déplacement pendulaire et le mouvement des ménages vers les villages voisins. Les affrontements également entre AFC-M23 et Wazalendo du 1er au 3 mars dans le groupement de Kaniola en territoire de Walungu, ont aussi occasionné plusieurs mouvements des populations de ce groupement qui ont pris deux itinéraires, les unes dans le groupement d’Ihembe et les autres vers l’axe du groupement de Luhago. Ces familles sont dans les ménages de différents villages de ces deux groupements précités ; ils sont estimés à un nombre de 5389 ménages, » affirme le coordonnateur de la JAD.
Celui-ci ssouligne que ces personnes ont des difficultés de s’approvisionner en nourriture et autres, dont sanitaires.
« Ils ont des difficultés de trouver à manger, des difficultés à payer la facture pour les soins de santé, ils utilisent l’eau de sources non aménagées, il y a présence des enfants ainsi que des adultes avec indices de malnutrition, pas de latrines, incapacité de scolariser les enfants,(…)» a-t-il poursuivi.
Cette situation alarmante nécessite une assistance humanitaire en vivres et non vivres, à l’éducation des enfants, à l’accès aux soins de santé, martèle Bienfait Bahizire.
Soulignons que l’escalade de la violence à Walungu, précisément dans le groupement de Kaniola depuis le mois de mars, entre les combattants Wazalendo et les troupes de l’AFC-M23 accentue ce mouvement de déplacés à Nindja, alimentant ainsi la crise humanitaire.
Juvénal MUTAKATO


