La Journée mondiale de la radio est commémorée ce vendredi 13 février 2026, dans la province du Sud-Kivu dans un contexte sécuritaire préoccupant depuis maintenant une année. Malgré la dégradation de la situation sécuritaire dans la ville de Bukavu et ses environs, la radio est restée l’outil de communication qui joue un rôle important dans la promotion de la cohésion sociale à travers des émissions interactives, de débats communautaires et de programmes de sensibilisation.
Depuis l’offensive de l’AFC/M23 dans le territoire de Kalehe, la radio continue de jouer son rôle d’informer, d’éduquer et conscientiser le public afin d’apaiser les tensions.
Selon Eugide Abalawi, journaliste et responsable du média en ligne L’EssentielRDC, dans un contexte marqué par l’insécurité et les conflits armés à l’Est de la République démocratique du Congo, dans une région où l’accès à l’information reste limité pour une grande partie de la population, la radio demeure le média le plus accessible, le plus rapide et le plus proche des communautés, y compris les zones rurales et enclavées.
« Dans ce contexte difficile, la radio contribue à informer la population sur la situation sécuritaire, les mesures de protection, les actions humanitaires et les décisions des autorités. Elle permet également de lutter contre les rumeurs et la désinformation qui peuvent aggraver la peur, la méfiance et les tensions au sein de communautés,» reconnaît-il.
Au-delà de l’information poursuit Eugide Abalawi, la radio joue un rôle « important dans la promotion de la cohésion sociale » à travers des émissions interactives, de débats communautaires et de programmes de sensibilisation, soulignant qu’elle « encourage le dialogue, la tolérance et la résolution pacifique des conflits ».
La radio, un catalyseur de paix
Pendant cette période où la situation est précaire et des tensions communautaires montent, les rumeurs et les fausses informations circulent dans tous les sens, la place de la bonne information reste l’apanage de la radio afin de construire la paix, estime pour sa part Claudine Kitumaini, directrice exécutive de LaPrunelleRDC.
« La radio joue aussi un rôle de catalyseur de paix, parce qu’à travers des émissions, à travers les journaux, à travers les spots éducatifs, la radio sensibilse au vivre-ensemble, à la cohésion sociale à la gestion pacifique des conflits,» indique Claudine Kitumaini.
Elle ajoute que, malgré le contexte actuel, la radio permet aux populations de développer une grande résilience et de surmonter certains défis.
La radio dans la perspective de la construction de la paix en RDC
Dans un contexte de crise, la radio n’est pas seulement un moyen d’information, mais un véritable instrument de paix, de cohésion sociale et d’espoir pour les populations tout entière, ajoute Eugide Abalawi.
« Dans la perspective de la construction de la paix à l’Est de la RDC, la contribution de la radio est donc stratégique. Elle peut servir d’outil d’éducation à la paix, de sensibilisation contre les discours de haine et de promotion de valeurs de vivre ensemble, en diffusant les messages de réconciliation et les initiatives locales de paix, en valorisant une information responsable et avérée,» soutient-il.
En somme, la radio reste l’outil important qui aide les communautés à vivre dans la paix, à vivre dans la cohabitation pacifique malgré l’ampleur du conflit.
Christine Mwinja


