Le territoire d’Idjwi, longtemps considéré comme un havre de paix au Sud-Kivu, traverse actuellement une période d’insécurité préoccupante, particulièrement dans la chefferie de Ntambuka, apprend-t-on des sources concordantes.
Juvénal Lushule, fils du terroir indique que depuis environ un mois, un phénomène communément appelé « système Kabanga » s’est propagé dans les trois groupements de cette chefferie. Ce système, assimilé à une forme de justice populaire, aurait déjà causé la mort de plusieurs personnes, exécutées sans procès ni intervention des autorités judiciaires.
Face à cette situation, la population locale vit dans la peur permanente. Certains habitants, soupçonnés d’activités criminelles, sont arrêtés et parfois lynchés par des groupes d’autodéfense, accentuant ainsi un climat de méfiance généralisée au sein des communautés.
Malgré cette montée de violence, des voix s’élèvent pour appeler au calme et à la responsabilité collective.
La notabilité d’Idjwi résidant à Bukavu annonce une descente prochaine sur place afin de compatir avec les victimes et sensibiliser la population.
« Nous allons nous rendre à Idjwi pour soutenir la population, mais aussi renforcer les messages autour de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble, » a affirmé Juvenal Lushule, natif du territoire insulaire d’idjwi et rapporteur du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu.
Ce dernier insiste sur l’importance de la collaboration entre citoyens et autorités, rappelant que « là où il y a des conflits, aucune collaboration n’est possible ». Il invite également la population à signaler tout cas suspect aux services compétents, afin d’éviter les dérives liées à la justice populaire.
La situation reste tendue dans le territoire, et les acteurs locaux appellent à une intervention urgente des autorités pour restaurer l’ordre et garantir la sécurité des habitants.
Merci Byamungu (stagiaire)


