Le groupe armé AFC/M23 a organisé ce jeudi 8 janvier 2026 un enterrement symbolique pour 22 civils, dont six tués, vendredi 2 janvier, lors d’une frappe de drone dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu). Vingt-deux cercueils ont été exposés devant les habitants de Goma et les familles des victimes.
Ces civils ont perdu la vie lorsqu’une position de cette rébellion, située en plein centre de cette entité, a été la cible d’un bombardement aérien qui serait de l’armée congolaise. La cérémonie funèbre s’est tenue au stade de l’Unité à Goma, où 16 cercueils rajoutés ont été exposés sans une explication soutenue sur les causes et l’origne de leur mort.
Toutefois, dans son discours, l’administrateur du territoire de Masisi n’a évoqué que six victimes du dernier bombardement. A cette occasion, l’AFC-M23 a accusé le gouvernement congolais d’être à l’origine de cette attaque.
« L’AFC/M23 prend à témoin la communauté internationale et nationale face aux violations répétées du cessez-le-feu par les forces coalisées du régime de Kinshasa. Encore une fois, le régime de Kinshasa a tué sans distinguer l’ennemi des civils, à travers un bombardement aveugle, » a déclaré le coordonnateur politique de l’AFC-M23, Corneille Nangaa, dans son allocution.
De leur côté, les membres des familles des victimes, présents à la cérémonie, n’ont pas caché leur émotion, les larmes aux yeux, tout en exigeant justice.
« Nous fustigeons le fait que nos frères aient été tués et acheminés de force ici à Goma. Tout ce que nous voulons, c’est la justice et la fin de la guerre chez nous, car nous avons longtemps souffert, » a témoigné un membre de l’une des familles dans une vidéo.
Par ailleurs, sur place, des femmes ont été vues en train de pleurer et de crier leur douleur.
« Nous avons perdu des camarades, des amis, des êtres chers. Ma petite sœur est morte aussi. Elle était partie travailler à Masisi, et c’est là qu’elle est morte, » a-t-elle déclaré avec trop d’émotions.
Tuées le vendredi 2 janvier en plein centre du territoire de Masisi, ces victimes ont été officiellement présentées au nombre de six par l’administrateur de Masisi au compte de l’AFC-M23. Toutefois, 22 cercueils ont été exposés lors des obsèques, les autres correspondant, selon les organisateurs, à des victimes de bombardements antérieurs. Les inhumations ont eu lieu ce jeudi 8 janvier au cimetière Makao 2, dans le groupement Kamuronza, en territoire de Masisi, à quelques kilomètres à l’ouest de la ville de Goma.
Ce conflit a provoqué l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, avec plus de 7 millions de personnes déplacées, selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés.
Dans sa prédication, le révérend pasteur qui a dirigé la messe d’adieu a insisté sur la nécessité d’un dialogue entre les deux parties en conflit, notamment le gouvernement congolais et le groupe armé AFC/M23, afin que le sang des Congolais ne continue plus de couler.
Malgré la signature de l’accord de Washington et la poursuite du processus de Doha, les combats se poursuivent sur plusieurs fronts dans la province du Sud-Kivu et du Nord-Kivu où l’AFC/M23 continue d’étendre son expansion et les civils continuent de payer le prix fort.
Rédaction


