Fizi: une crise humanitaire majeure signalée après la chute d’Uvira

La fin d’année 2025 s’annonce tragique dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu) où une crise humanitaire d’ampleur alarmante se déploie à la suite de la prise de la ville d’Uvira par le mouvement rebelle AFC/M23 depuis le 10 décembre dernier. L’administrateur de ce territoire, Samy Kalonji Badibanga le fait savoir dans un communiqué rendu public ce lundi 22 décembre.

‎À la suite de l’intensification des combats dans la plaine de la Ruzizi jusqu’à Uvira, des milliers de familles ont fui les violences, provoquant un double mouvement de population : les habitants d’Uvira se sont réfugiés à Fizi, tandis que ceux de Fizi ont pris la route vers les pays voisins, le Burundi et la Tanzanie ou vers les villages du littoral du lac Tanganyika, fait savoir l’autorité territoriale.

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

Les localités de Somé, Diné, Mizimu, Mwayenga, Karamba et Kazimia, situées dans la partie Est du territoire, accueillent désormais un grand nombre de déplacés internes, notamment dans les groupements des Babwari et Bashikalangwa, relevant des secteurs de Mutambala et Nganda.

Des conditions de vie précaires

ETJ, Ecole Technique des Journalistes pour la formation des journalistes

‎Les déplacés venus de villages comme Tuwewe, Point Zéro et Kwa Mulima sont hébergés dans des écoles et des églises à Lumanya, Kichula, Kasonge, Mukera et Kanada, dans les groupements des Bashimukuma-Sud et Babungwe-Nord. Leurs conditions de vie sont jugées extrêmement précaires. Le manque d’abris, d’eau potable et d’installations sanitaires expose ces populations à un risque sanitaire élevé, déplore Samy Kalonji Badibanga.

Choléra et rougeole en recrudescence

‎Les autorités locales alertent sur la propagation rapide de maladies épidémiques, telles que le choléra et la rougeole, déjà responsables de plusieurs décès. Le littoral du lac Tanganyika, foyer connu de ces maladies, devient un piège mortel pour les déplacés, fragilisés par le manque d’accès aux soins et à l’hygiène, rapporte le communiqué.

Appel à l’aide

‎Dans un communiqué officiel signé par l’administrateur du territoire de Fizi, les autorités locales lancent un appel pressant au gouvernement national et provincial ainsi qu’aux partenaires humanitaires et de développement. Elles demandent une assistance urgente en vivres et non-vivres, un accompagnement psychosocial pour les traumatisés, et des enterrements dignes pour les victimes.

‎Ainsi, « C’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît les vrais amis », conclut le communiqué, soulignant l’urgence d’une solidarité concrète.

Marcus Sharone BASHONGA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.