Est de la RDC : Washington durcit le ton face au soutien de Kigali au M23

Les États-Unis ont sanctionné, ce lundi 2 mars, l’armée rwandaise ainsi que quatre de ses officiers supérieurs, pour le soutien opérationnel direct apporté par Kigali au mouvement rebelle M23 et à ses alliés dans l’Est de la République démocratique du Congo. Une décision annoncée par le Trésor américain à travers le Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC).

Ces entités et personnalités sont désormais inscrites sur la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN), ce qui entraîne le gel de leurs avoirs aux États-Unis et l’interdiction pour les citoyens et entreprises américaines d’effectuer des transactions avec elles.

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Quatre généraux sanctionnés

Quatre généraux rwandais sont au passage sanctionnés. Selon RFI, le premier, Mubarakh Muganga, est le chef d’état-major général des armées du Rwanda. Il a 30 ans de carrière, et a été formé au pays, en Égypte, en Chine. Avant juin 2023, il commandait l’armée de terre. C’est là, dit Washington, qu’il a planifié et commandé les opérations rwandaises dans l’Est de la RDC.

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Vient ensuite Vincent Nyakarundi, qui est chef d’état-major de l’armée de terre aujourd’hui. Cet officier aguerri a notamment commandé un contingent rwandais lors de la Mission de l’Union africaine au Soudan, en 2004. Selon Washington, ses forces terrestres ont conduit des opérations directes en soutien au M23.

Troisième nom, Ruki Karusisi, le commandant de la 5e division d’infanterie et ancien patron des forces spéciales rwandaises. C’est à ce titre, précise Washington, qu’il a supervisé des opérations en faveur du M23. Il était déjà sanctionné par l’Union européenne depuis mars 2025. Pour Bruxelles, il est responsable d’entretenir le conflit, l’instabilité et l’insécurité dans l’Est de la RDC.

Le quatrième, Stanislas Gashugi, a remplacé Karusisi à la tête des forces spéciales rwandaises le 15 mars 2025.

Washington tient ces quatre hauts gradés pour responsables du soutien direct de l’armée rwandaise au M23.

Au-delà des individus, les Rwanda Defence Force (RDF) dans leur ensemble sont désormais sanctionnées. Une décision lourde de conséquences diplomatiques et économiques.

Selon les autorités américaines, Kigali continuerait d’apporter un soutien au mouvement rebelle M23, actif dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en dépit des appels répétés de la communauté internationale au retrait des troupes rwandaises et à la désescalade.

Les États-Unis rapportent que des milliers de soldats rwandais sont déployés dans l’Est de la RDC, qu’ils combattent aux côtés du M23, qu’ils forment ses recrues, y compris des réfugiés. Ils ont introduit sur le terrain des équipements avancés, des drones, des systèmes de brouillage GPS, des équipements de défense aérienne. Le tout, dit Washington, pour permettre au M23 de tenir le territoire.

Rédaction

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