Les Forces armées congolaises (FARDC) et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda ont commis des crimes, notamment des viols collectifs, de l’esclavage sexuel, de la torture, des meurtres de civils et d’autres atrocités «horribles» dans l’Est de la République démocratique du Congo au cours de l’année dernière, a indiqué vendredi 5 septembre le bureau des droits de l’homme des Nations-Unies.
Ce nouveau rapport rédigé par une équipe d’experts qui s’est rendue dans la région entre mars et août a mis en garde contre la perspective de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui pourraient avoir été commis depuis la fin de l’année 2024 et depuis que le conflit qui dure depuis des décennies dans ce pays d’Afrique centrale qui s’est intensifié en janvier, lorsque les combattants de l’AFC/M23 se sont emparés de la ville de Goma.
« Les atrocités décrites dans ce rapport sont horribles, » a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du bureau des Nations-Unies, aux journalistes à Genève, citant le Haut Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk.
« Il est déchirant et profondément frustrant d’assister une fois de plus à la déshumanisation de la population civile par ceux qui sont au pouvoir et qui manquent à leurs responsabilités» a-t-il déploré selon nos confrères d’ouragan.cd.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies devrait examiner le rapport au cours de sa session d’un mois qui s’ouvre lundi.
Les combats ont fait quelque 3 000 morts, suscité la crainte d’une guerre régionale plus étendue et créé l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Des violations généralisées des droits de l’homme au cours du conflit sont signalées depuis des années et les rapports de violences sexuelles, principalement à l’encontre des femmes et des jeunes filles, se sont multipliés ces derniers temps.
Le rapport indique que les rebelles du M23 ont procédé à des exécutions sommaires, à des tortures, à des détentions, à des disparitions forcées et à des recrutements forcés, touchant des milliers de civils perçus comme s’opposant au groupe, à son autorité ou à son recrutement.
« Les viols ont été répétés sur de longues périodes, souvent en conjonction avec d’autres actes de torture physique et psychologique et d’autres mauvais traitements, dans l’intention manifeste de dégrader, de punir et de briser la dignité des victimes,» souligne le rapport.
Selon nos confrères, M. Shamdasani a déclaré que « les conclusions de ce rapport montrent à quel point la situation est grave » et la nature « systématique» des violations des droits et des abus.
Le rapport fait également état de violations commises par les Forces armées congolaises (FARDC) et par des groupes armés affiliés tels que le Wazalendo. Il s’agit notamment d’assassinats délibérés de civils, d’un recours généralisé à la violence sexuelle, principalement des viols et des viols collectifs contre des femmes et des jeunes filles, et de pillages.
« Les auteurs ont opéré en groupes importants et dans plusieurs localités simultanément, d’une manière qui reflétait des schémas récurrents de viols et de pillages, plutôt que des actes isolés,» rapporte ce document.
Le bureau des droits de l’homme a déclaré que les gouvernements des deux pays étaient responsables.
« La RDC et le Rwanda sont responsables du soutien qu’ils ont apporté à des groupes armés connus pour leurs graves exactions et pour avoir manqué à leur obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le respect du droit international humanitaire et protéger les civils contre des atteintes graves,» précise le rapport.
Un accord de paix conclu sous la médiation des États-Unis a été signé en juin, mais le rapport indique qu’il n’a pas permis d’établir suffisamment de responsabilités pour les crimes commis ni d’apporter un soutien aux victimes.
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