La délégation congolaise a rappelé que les espoirs de paix et de réconciliation restent vains « tant que l’armée rwandaise continuera d’appuyer sa brigade avancée en République démocratique du Congo et de perpétrer des crimes ». C’était ce mardi 9 septembre lors de son intervention à la 60e session du Conseil des Nations-Unies aux droits de l’homme qui se tient à Genève.
Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, n’a pas mâché ses mots, soulignant que « la RDC insiste pour que les moyens soient prioritairement orientés vers la mise en place effective d’une commission d’enquête indépendante, la seule voie crédible pour briser l’impunité et rendre justice aux victimes ». Il a réclamé une action rapide et ferme du Conseil des droits de l’homme.
Alors que certains acteurs internationaux évoquent encore un supposé rapprochement entre l’armée congolaise (FARDC) et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), le gouvernement a tenu à clarifier les choses.
« Les FARDC sont une armée nationale et républicaine, soumise au droit international. Il n’existe aucun lien de commandement ni d’alliance politique avec les FDLR, » a insisté Patrick Muyaya.
Selon lui, toute accusation de collusion est infondée et injuste. Il a ajouté que les consignes venues du sommet de l’État sont strictes : toute complicité ou tentative de coopération avec des groupes armés étrangers est interdite. Et lorsqu’un élément des FARDC est soupçonné de dérapage, « des mesures disciplinaires et judiciaires sont systématiquement engagées ».
Dans son plaidoyer, le porte-parole du gouvernement congolais a aussi mis en garde contre ce qu’il qualifie de « fausse symétrie » entre l’armée congolaise et les groupes armés.
« Comparer une armée nationale, redevable de ses actes et défendant la souveraineté du pays, avec un groupe subversif qui vit de la terreur, des crimes de masse et de l’exploitation illégale des ressources naturelles est inapproprié, » a-t-il souligné.
La voix de la RDC à Genève s’inscrit dans une bataille plus large : celle de la reconnaissance des crimes commis contre les populations congolaises, et de la mise en place de mécanismes crédibles pour mettre fin à l’impunité.
Pour Patrick Muyaya et son collègue des Droits humains, Samuel Mbemba, qui intervenait également à Genève, l’objectif est double : obtenir justice pour les victimes, et restaurer la dignité d’un peuple meurtri par des décennies de violences importées.
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