Une quarantaine de journalistes de la ville de Bukavu( Sud-Kivu) ont participé à un café de presse axé sur l’impact de la santé mentale face au suicide sur le métier du journalisme. Cette activité organisée par l’Association Stop au suicide de la RDC/ Bukavu s’est tenue ce mercredi 10 septembre en marge de la célébration de la 23e édition de la journée internationale de prévention du suicide.
Au cours de cette séance, la présidente provinciale de l’Association Stop au suicide au Sud-Kivu, Lumière Singay a indiqué que cette séance vise à explorer la manière de vivre positivement la profession du journalisme malgré de nombreux défis, qu’ils soient sociaux, professionnels ou personnels.
Tout en appelant les journalistes à adopter un discours non stigmatisant dans leurs productions, Lumière Singay a souligné l’intérêt pour les professionnels des médias à garder un mental stable, être capable d’affronter le stress lié au traumatisme, de comprendre la prévention du suicide.
« En ce temps, malgré de nombreux défis, qu’ils soient sociaux, professionnels ou personnels, le journaliste a intérêt à garder un mental stable et de créer des espaces de dialogue et de soutien, » a exhorté Lumière Singay, spécialiste en santé mentale et présidente provinciale de cette association.
Barthélémy Akuzwe, psychologue, a montré comment les expériences traumatisantes vécues ou rapportées par les journalistes peuvent affecter leur équilibre psychologique. Il a également parlé de l’importance d’un accompagnement psychologique régulier pour prévenir l’épuisement émotionnel et professionnel des journalistes.
Vivre positivement avec son métier
Dans son intervention, Jean Kamengele Omba, doyen dans le métier du journalisme, a exhorté à ses collègues de vivre positivement avec son métier de journaliste, soulignant l’importance de préserver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Il a encouragé les participants à cultiver la résilience et à ne pas négliger leur bien-être émotionnel.
Abordant les notions sur l’éthique et la déontologie du journaliste congolais, le professeur Adolphe Kilomba Sumahili a rappelé que face aux sujets sensibles notamment liés au suicide , le traitement de l’information doit se faire avec objectivité, responsabilité, retenue et respect des personnes concernées.
Présent dans cette activité, le Docteur Peter Rukeba du Programme national de la santé mentale (PNSM) en République démocratique du Congo, a fait savoir que le pays a enregistré en 2021, 8. 77 % du taux de mortalité lié au suicide et au premier trimestre de 2025, le Sud-Kivu a noté 334 tentatives de suicide dont 94 ont malheureusement conduit au décès.
« Ces chiffres bien qu’interpelateurs ne sont que des statistiques, ils rappellent l’urgence d’agir collectivement pour prévenir les cas de suicide dans les communautés,» a souligné Péter Rukeba.
Il faut noter que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une série d’activités menée par l’Association stop au suicide pour sensibiliser diverses couches de la société sur les impacts de la santé mentale, particulièrement dans les professions à forte exposition au stress.
Juvénal MUTAKATO


