La situation sécuritaire reste extrêmement tendue dans la cité minière de Rubaya dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu) depuis qu’une position de l’AFC/M23 a été ciblée mardi 24 février aux environs de 3 heures du matin, par une frappe aérienne des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), rapportent plusieurs sources locales.
Dans cette zone, les combats opposant le mouvement AFC/M23 à la coalition Wazalendo, alliées à l’armée congolaise, continuent de s’intensifier.
Depuis tôt ce mercredi, de fortes détonations d’armes lourdes et légères ont été signalées à Mahanga, dans la localité de Butsike. Mardi soir déjà, la coalition des Wazalendo, alliée à l’armée congolaise, avait reconquis les villages de Kazinga et Ndete.
Les mêmes sources affirment que les miliciens tenteraient désormais de reprendre l’ensemble de cette entité afin de poursuivre leur progression vers Masisi-centre.
Cependant, d’autres sources ont signalé une contre-attaque de l’AFC/M23 contre la position des Wazalendo à Kasenyi. L’objectif serait de bloquer l’avancée des forces pro-Kinshasa en direction de la cité minière de Rubaya, qui demeure sous le contrôle de l’AFC/M23.
Ces affrontements, qui marquent ce mercredi leur 10e jour consecutif, aggravent la crise humanitaire dans la région. La majorité des habitants avaient déjà fui leurs villages, renseignent les mêmes sources.
Parallèlement, selon une mise à jour sur la situation de ce mercredi 25 février, le chef du département de communication de l’AFC/M23, dénonce la violation «manifeste du droit international humanitaire » par le régime de Kinshasa.
« Le régime de Kinshasa a franchi un nouveau seuil de violence en lançant une offensive d’envergure. Les forces coalisées ont eu recours à des drones armés et à de l’artillerie lourde pour frapper des zones densément peuplées ainsi que nos positions, en violation manifeste du droit international humanitaire,» a-t-il écrit sur son compte X.
À l’en croire, les attaques ont été enregistrées comme suit :
•09h00: à Rutigita,dans Minembwe;
•10h30: à Kitazungura, dans le territoire de Kalehe ;
•12h00: à Rugezi et ses environs dans le Minembwe.
Il indique que ces agressions meurtrières provoquent des pertes humaines, des déplacements massifs de populations civiles et alimentent une crise humanitaire d’une gravité extrême.
Un cessez-le-feu piétiné
Bertrand Bisimwa, coordonateur adjoint de l’AFC/M23, et président du M23, dénonce de son côté, la violation du cessez-le-feu: «Nous constatons que le régime de Kinshasa a, une fois de plus, foulé aux pieds le cessez-le-feu en déclenchant une offensive généralisée sur l’ensemble des lignes de front et au-delà. Il s’agit d’une opération coordonnée et étendue qui traduit un choix assumé de l’option militaire,» a-t-il également écrit sur X.
Et d’ajouter : « Nous ne pouvons, non plus, nous empêcher de constater avec une profonde préoccupation l’absence, à ce stade, d’initiative claire et visible visant à obtenir l’arrêt immédiat de cette offensive gouvernementale. Aucune réprimande publique, aucune condamnation,».
Ces accusations sont souvent rejetées par Kinshasa, évoquant une réponse aux provocations de l’AFC/M23. Selon une source officielle citée par l’ACP, « l’engagement de la RDC au respect du cessez-le-feu est intact et n’interdit nullement à son armée de défendre ses populations contre les attaques du Rwanda et de ses supplétifs de l’AFC/M23″, qui selon la même source, bombardent aveuglement les civiles dans l’Est.
‘‘Les actions de légitime défense des FARDC ne visent nullement les paisibles civils, bien au contraire elles ciblent avec précision ceux qui font couler le sang de nos compatriotes, » a-t-elle rassuré à ACP.
Cette situation traduit la gravité de la violence sur les lignes de front, illustrant un mépris aux engagements pris dans le cadre d’un retour à la paix.
Juvénal MUTAKATO


