Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) s’oppose au recours aux armes dans la conquête du pouvoir et appelle les acteurs politiques congolais à privilégier les voies pacifiques. Dans un communiqué publié à Lubumbashi mercredi 21 octobre, ce mouvement citoyen exprime ses inquiétudes face à la dégradation de la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.
Pour la LUCHA, les rivalités politiques ne devraient pas se poursuivre au détriment des populations civiles. Elle estime que les différends entre acteurs doivent être réglés par des mécanismes démocratiques, dans le respect de l’État de droit.
La LUCHA préoccupée par la dynamique du FRN
Le mouvement citoyen dit suivre avec inquiétude l’engagement de l’ancien président Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une dynamique politico-militaire issue de l’AFC/M23.
Il rappelle qu’aucune ambition politique ne peut justifier la violence armée ni mettre en péril la vie des Congolais.
« Aucun différend politique, aussi profond soit-il, ne saurait justifier le recours aux armes au détriment de la sécurité et de la vie des Congolais, » souligne la LUCHA.
L’organisation demande également que les responsables des événements passés et présents répondent de leurs actes devant la justice.
Tshisekedi appelé à assumer ses responsabilités
La LUCHA interpelle le président Félix Tshisekedi sur ses responsabilités constitutionnelles en matière de protection des populations et de sauvegarde de l’intégrité territoriale. Elle met aussi en garde contre une éventuelle révision constitutionnelle qui serait imposée en dehors des mécanismes démocratiques.
Selon elle, une telle démarche, si elle répondait à des ambitions de conservation du pouvoir, pourrait accentuer les divisions politiques et sociales. Le mouvement établit un parallèle entre les menaces que représentent la guerre et l’occupation de certaines parties du territoire et les risques d’une révision constitutionnelle menée par passage en force.
Cessez-le-feu et aide humanitaire réclamés
Face à la situation dans l’Est du pays, la LUCHA demande le respect effectif du cessez-le-feu ainsi que la poursuite des engagements pris dans les processus de paix de Doha et de Washington.
Elle plaide également pour l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés afin de faciliter l’acheminement de l’aide aux populations affectées par la guerre. Le mouvement évoque notamment les risques sanitaires liés à l’épidémie d’Ebola et les difficultés d’accès humanitaire dans plusieurs zones.
La LUCHA appelle l’Union africaine, les Nations-Unies, la CIRGL, la SADC et les partenaires de la RDC à renforcer leurs pressions diplomatiques sur les acteurs qui entravent les efforts de paix.
Contre un partage du pouvoir issu du conflit
Le mouvement citoyen rejette par ailleurs l’idée d’un dialogue national qui déboucherait sur un partage du pouvoir entre les protagonistes du conflit. Il estime que les arrangements politiques conclus en dehors des mécanismes démocratiques contribuent à la répétition des crises en RDC. À la place, il propose la mise en place d’un mécanisme indépendant chargé de suivre les engagements pris par les différentes parties.
La LUCHA appelle enfin les Congolais, au pays comme dans la diaspora, à rester mobilisés pour défendre l’unité nationale, l’intégrité territoriale et la souveraineté populaire.
Le mouvement conclut son communiqué par cette citation généralement attribuée à Patrice Emery Lumumba : « Le Congo est grand et exige de nous la grandeur ».
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