La plateforme citoyenne «Jeunes Nous Pouvons» dénonce la multiplication des taxes et les pratiques de collecte fiscale qu’elle juge abusives à l’encontre des petits commerçants de Bukavu(Sud-Kivu) et des territoires environnants. Dans un communiqué publié le 15 octobre à Bukavu, elle appelle à une meilleure réglementation de la fiscalité et au respect des droits des contribuables.
Dans son communiqué exploité par notre rédaction, la plateforme met en cause les pratiques des agents de l’administration fiscale relevant du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme l’ex-AFC/M23. Selon elle, ces agents effectuent des collectes d’impôts et de taxes sans suffisamment de courtoisie ni de considération envers les assujettis.
Des taxes qui pèsent sur les petits commerces
Pour illustrer la situation dénoncée, «Jeunes Nous Pouvons» évoque le cas d’une petite boutique soumise à plusieurs prélèvements, notamment la taxe communale d’assainissement, celle due à la DPMR et la patente. À ces obligations s’ajouteraient 6 000 francs congolais à payer chaque samedi pour l’évacuation des déchets.
La plateforme dénonce également l’application de l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR) à un personnel qui, selon son communiqué, n’existe pas, sur la base de montants qu’elle qualifie d’imaginaires.
Pour «Jeunes Nous Pouvons », cette accumulation de prélèvements exerce une pression supplémentaire sur les petits commerçants, déjà confrontés à des difficultés économiques.
Soulignant que « Trop d’impôts tue l’impôt ».
Pour faire à cette situation, l’organisation formule trois principales recommandations. Elle demande d’abord le renforcement de la formation des agents chargés de la collecte fiscale, afin de promouvoir des pratiques respectueuses des contribuables.
« Être taxateur ne donne aucun droit de vie ou de mort sur les assujettis. Le contribuable est un citoyen, pas une proie, » souligne-t-elle.
Elle plaide ensuite pour la publication de la nomenclature officielle des impôts et taxes, ainsi que des catégories de personnes concernées, afin de permettre aux commerçants de connaître leurs obligations et de limiter les prélèvements arbitraires.
Enfin, « Jeunes Nous Pouvons» appelle les autorités concernées à tenir compte du contexte économique actuel dans la mise en œuvre des mesures fiscales. « Surtaxer et asphyxier ce qui reste de l’économie locale, c’est tuer le peuple, » prévient la plateforme.
« Jeunes Nous Pouvons » affirme qu’elle continuera à documenter pacifiquement les pratiques qu’elle estime contraires à la dignité des citoyens et à plaider pour une fiscalité plus juste. « Nous pouvons, ensemble, exiger le respect et la justice fiscale », conclut le communiqué.
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