Le lancement de l’année académique 2026-2027, intervenu le jeudi 15 octobre à Goma et à Bukavu sous l’administration de l’AFC/M23, devenue Front pour la refondation de la nation (FRN), ne change pas le calendrier fixé par le gouvernement congolais. Dans un communiqué signé à Beni le 13 octobre, la Conférence provinciale des chefs d’établissements de l’ESURSI Nord-Kivu rappelle que la rentrée officielle reste prévue au lundi 26 octobre dans les institutions relevant de l’autorité de Kinshasa et non concernées par une suspension.
Derrière ces deux dates se dessine un différend politique qui s’étend à la gestion de l’enseignement supérieur et universitaire dans les zones affectées par le conflit entre Kinshasa et l’AFC/M23.
En août dernier, le gouvernement congolais a suspendu les activités académiques et para-académiques dans les établissements de Goma et de Bukavu concernés par les nominations de comités de gestion effectuées par l’AFC/M23. Cette décision, prise par arrêté ministériel, visait les institutions dont les nouvelles autorités avaient été désignées en dehors du cadre reconnu par Kinshasa.
En réaction, l’AFC/M23 a rejeté cette mesure, la considérant comme un non-événement, et a maintenu son propre calendrier académique.
Une circulaire signée le 22 septembre a ainsi fixé au 15 octobre le début de l’année académique 2026-2027 dans les zones sous son contrôle. Les cérémonies de lancement ont effectivement eu lieu ce jeudi à Goma et à Bukavu, même si la mobilisation des étudiants a été faible dans la capitale du Sud-Kivu.
Beni rappelle le calendrier de Kinshasa
Le communiqué N° 015/CCE-ESURSI/NK/2026, signé à Beni le 13 octobre par le président de la Conférence provinciale des chefs d’établissements, le professeur ordinaire Muhindo Muchantala, s’inscrit dans le calendrier du ministère congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la recherche scientifique et de l’innovation.
En application de la note circulaire ministérielle du 1er octobre 2026, ce document fixe la rentrée académique au lundi 26 octobre pour les établissements qui ne sont pas frappés par une suspension des activités.
Il précise également que les institutions visées par l’arrêté ministériel du 20 août ne peuvent organiser les activités académiques suspendues. Leurs personnels ne peuvent pas non plus répondre à des invitations à participer à de telles activités, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la rupture du lien professionnel avec l’État congolais.
Ce rappel signifie que, pour Kinshasa, le lancement des activités à Goma et à Bukavu le 15 octobre ne vaut pas reconnaissance de la reprise dans les établissements concernés par la suspension. Le gouvernement maintient son autorité sur le calendrier qu’il a fixé et ne reconnaît pas les décisions prises dans ce domaine par l’AFC/M23.
Ainsi, au-delà de la différence entre le 15 et le 26 octobre, la rentrée académique met en évidence les divergences entre les deux parties sur la gestion des institutions publiques d’enseignement supérieur et universitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Rédaction


